Articles et réflexions

  • Lire 10 minutes n’est pas une option

    Lire 10 minutes n’est pas une option

    À chaque début d’année scolaire, les enseignants du primaire convoquent les parents des élèves de leur classe. Vous avez été invité à ces rencontres si vous avez des enfants d’âge scolaire. On y apprend les particularités de fonctionnement de la classe comme la fréquence des devoirs et le temps d’études requis pour réussir.

    Presque chaque fois, l’enseignant-e insiste sur un point particulier qui est reçu par de nombreux parents comme une simple suggestion : votre enfant devrait lire au moins 10 minutes par jour, tous les jours. Chaque fois on insiste sur ce point comme clé de la réussite.

    Une qualité importante

    Être un bon lecteur n’est pas une qualité négligeable dans un contexte de réussite scolaire, c’est une qualité essentielle dans toutes les sphères d’étude. Si un enfant ne saisi pas bien l’énoncé d’une question en mathématiques ou en sciences, c’est une lacune de français qui est en cause, pas les maths ou la science. C’est de devenir un bon lecteur qui est la solution.

    Dans notre famille nous avons imposé, imposé oui, une demi-heure de lecture chaque soir avant le coucher. Ça n’a pas été tous les jours facile… trouver le bon genre a été un défi en soi. Il fallait que l’enfant y prenne du plaisir sans quoi cette demi-heure serait devenue une corvée. Mais avec persévérance c’est tout à fait possible d’y arriver.

    Le constat actuel

    Ma fille aînée est aujourd’hui étudiante au baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire et accepte à l’occasion de petits contrat de tutorat pour aider des jeunes en difficulté.

    Ce qu’elle constate, presque systématiquement, ce n’est pas un manque d’intelligence, ni même un manque de volonté. C’est une difficulté à lire efficacement. À comprendre une consigne. À suivre un raisonnement écrit jusqu’au bout.

    Le travail nécessaire

    Ces jeunes peuvent apprendre leurs tables, mémoriser des formules, refaire des exercices. Mais dès qu’une question devient un peu plus longue, un peu plus nuancée, tout s’effondre. Pas parce qu’ils ne savent pas faire des mathématiques, mais parce qu’ils ne comprennent pas exactement ce qu’on leur demande.

    Dix minutes de lecture par jour, ce n’est pas une activité culturelle optionnelle. Ce n’est pas un bonus pour les familles qui ont le temps ou l’envie. C’est un minimum vital. Comme dormir. Comme manger. Comme se brosser les dents.

    Lire, ce n’est pas seulement apprendre à décoder des mots. C’est apprendre à penser, à structurer sa compréhension du monde, à suivre une idée du début à la fin. C’est un muscle, et comme tous les muscles, il s’atrophie s’il n’est pas sollicité.

    Oui, ça demande de l’encadrement. Oui, parfois il faut imposer. Oui, il faut chercher les bons livres, accepter les bandes dessinées, les romans faciles, les séries. Peu importe le support : ce qui compte, c’est la régularité.

    Dix minutes par jour, tous les jours, pendant des années, ça change une trajectoire scolaire. Et souvent, ça change une trajectoire de vie.

  • La Bête, projet exploratoire

    La Bête est un projet d’application narrative interactive, amorcé comme une exploration créative autour du récit, du jeu et de l’expérience utilisateur.

    L’objectif initial était de concevoir une plateforme permettant de créer et de vivre des histoires interactives, où le lecteur devient acteur du récit. Le projet m’a permis d’expérimenter différentes idées liées à la structure narrative, à la progression, à la persistance des choix et à la conception d’outils de création.
    Le projet est actuellement inachevé et en pause. Il demeure toutefois un terrain d’expérimentation important, tant sur le plan technique que conceptuel, et a influencé ma façon d’aborder la conception d’applications plus concrètes et orientées métier.
    Certaines idées explorées dans La Bête trouvent aujourd’hui un écho plus pragmatique dans d’autres projets, notamment dans la manière de concevoir des interfaces simples, évolutives et centrées sur l’utilisateur.

    Pour essayer La Bête, rendez-vous sur le site (non sécurisé…), créez un compte et allez vers le bois. Le village n’est pas encore créé mais vous pourrez quand même tester le petit moteur de combat.

    http://la-bete.atwebpages.com/

    Aperçu du module de combat
  • Dexie

    Dexie

    Quand j’ai commencé à travailler sur le mode hors ligne de Farmitrax, une application web de gestion de ferme laitière, j’ai rapidement compris que le choix de la couche de stockage locale allait être critique.

    Connexion instable, utilisateurs peu techniques, données sensibles, besoin de fiabilité : ce n’était pas un “offline sympa”, mais une vraie contrainte métier.

    Dans cet article, je partage mon retour d’expérience avec Dexie : pourquoi je l’ai choisi, ce que ça m’a apporté, les pièges que j’ai rencontrés, et dans quels cas je le recommanderais (ou pas).

    Le contexte : pourquoi le offline était non négociable

    • Producteurs en zone rurale
    • Connexion cellulaire intermittente
    • Saisie de données sur le terrain (étable, pâturage, déplacements)
    • Impossible de dire à un utilisateur : « reviens quand tu auras du réseau »

    Le offline n’était pas un bonus, c’était une condition de survie de l’application.

    Pourquoi Dexie plutôt que l’IndexedDB “pure”

    • IndexedDB est puissante mais pénible
    • API verbeuse
    • Callbacks / promesses difficiles à lire
    • Risque d’erreurs silencieuses
    • Schéma déclaratif
    • Syntaxe fluide
    • Gestion des versions de base
    • Performance très correcte pour des volumes raisonnables

    Dexie apporte une couche d’abstraction très propre : schémas clairs, requêtes lisibles, transactions compréhensibles. Pour un développeur solo, ça compte énormément.

    Ce que Dexie fait très bien en pratique

    • Cache structuré des données métier
    • Lecture instantanée hors ligne
    • Réactivité de l’interface
    • Développement plus rapide qu’avec IndexedDB natif

    Pour le CRUD local pur, Dexie est un vrai plaisir.

    Là où Dexie commence à montrer ses limites

    Synchronisation

    • Dexie ne résout pas la sync serveur
    • File d’attente, conflits, retries → à faire soi-même

    🔹 Logique métier

    • Le offline force à repousser de la logique côté client
    • Risque de divergence si mal conçu

    🔹 Debugging

    • IndexedDB reste opaque
    • Debug plus lent que du SQL classique

    Dexie simplifie IndexedDB, mais ne supprime pas la complexité conceptuelle du offline.

    Ce que j’ai appris (et referais différemment)

    • Définir le périmètre offline exact dès le départ
    • Séparer clairement :
      • données locales
      • état de synchronisation
      • source de vérité
    • Ne pas sous-estimer le coût mental du offline

    Le offline, ce n’est pas une feature. C’est une architecture.

    À qui je recommande Dexie (et à qui non)

    ✅ Je recommande Dexie si :

    • Application métier
    • Développeur solo ou petite équipe
    • Besoin offline réel
    • Données structurées

    ❌ Je serais plus prudent si :

    • Synchronisation complexe multi-utilisateurs
    • Besoin temps réel strict
    • Équipe backend très lourde

    Conclusion

    Dexie.js a été un excellent choix pour mon cas d’usage, mais ce n’est pas une solution magique.

    Il faut accepter que le offline impose des compromis architecturaux, et Dexie rend ces compromis plus lisibles, pas inexistants.

    Si vous construisez une application web sérieuse avec de vraies contraintes terrain, Dexie mérite clairement sa place dans votre boîte à outils.