Les Producteurs de lait du Québec représentent l’un des plus importants secteurs agricoles de la province. Le Québec compte actuellement 4 087 fermes laitières et plus de 9 281 producteurs et productrices. Ensemble, ces fermes mettent en marché environ 3,60 milliards de litres de lait par année.
Le secteur laitier québécois possède toutefois une structure particulière. Les producteurs ne négocient pas individuellement la vente de leur lait avec les transformateurs. Ils le mettent en marché collectivement par l’intermédiaire des Producteurs de lait du Québec, dans le cadre de la gestion de l’offre et du Plan conjoint des producteurs de lait du Québec.

Cette page présente le fonctionnement du secteur laitier québécois, le rôle des PLQ, la mise en marché collective, le quota, le P5, la transformation du lait et les principaux enjeux auxquels font face les fermes.
Qui sont les Producteurs de lait du Québec?
Les Producteurs de lait du Québec, ou PLQ, sont l’organisation qui représente les producteurs et productrices de lait de la province. Fondée en 1983, elle regroupe aujourd’hui plus de 9 281 producteurs au sein de 4 087 fermes laitières.
Les PLQ ne sont pas un ministère ni une entreprise de transformation. Il s’agit d’une organisation de producteurs qui assure notamment la représentation syndicale, la négociation des conditions de vente du lait, l’administration de la mise en marché collective et différents services liés à la production.

À l’échelle nationale, les producteurs québécois sont aussi représentés par les Producteurs laitiers du Canada, qui interviennent davantage dans les dossiers fédéraux, les politiques nationales, la promotion et les négociations commerciales.
Combien y a-t-il de fermes laitières au Québec?
Selon les données publiées par les PLQ, le Québec compte actuellement 4 087 fermes laitières. Elles produisent environ 3,60 milliards de litres de lait et génèrent environ 3,61 milliards de dollars de ventes de lait.
La ferme laitière québécoise possède en moyenne environ 82 vaches. Les troupeaux demeurent donc relativement modestes comparativement à plusieurs régions de l’Ouest américain, où des fermes de plusieurs centaines ou plusieurs milliers de vaches sont courantes.
Le Québec demeure la principale province laitière du Canada pour le nombre de fermes et l’une des plus importantes pour le volume produit. Les PLQ indiquent que le Québec représente environ 36 % des recettes canadiennes provenant de la production laitière.
Pourquoi le lait est-il mis en marché collectivement?
L’une des particularités du Québec est la mise en marché collective. Les producteurs ne vendent pas individuellement leur lait à Saputo, Agropur, Lactalis ou à d’autres transformateurs.
Les quelque 4 087 fermes mettent leur lait en marché collectivement par l’intermédiaire du Plan conjoint (1980) des producteurs de lait du Québec. Les producteurs ont délégué aux PLQ le mandat de négocier en leur nom les conditions de vente avec les transformateurs.
Les PLQ négocient notamment les conventions de mise en marché, les règles d’approvisionnement des usines, certaines conditions liées à la qualité et les modalités de paiement.
Cette organisation donne aux producteurs un pouvoir de négociation collectif qu’une ferme individuelle aurait difficilement face à de très grands transformateurs alimentaires.
Comment fonctionne le prix du lait au Québec?
Le prix payé au producteur n’est pas simplement déterminé par un seul prix uniforme pour chaque litre livré.
Le lait est valorisé selon ses composants, principalement la matière grasse, les protéines et les autres solides. Sa valeur dépend également de l’utilisation finale qui en est faite. Le lait destiné à la consommation, au fromage, au beurre ou à différents ingrédients laitiers n’est pas nécessairement valorisé de la même manière.
Les revenus provenant de ces différents marchés sont mis en commun selon les mécanismes applicables. Le producteur reçoit donc un prix qui reflète à la fois la composition de son lait et la valeur des marchés desservis.
Le rôle du P5
Le Québec ne fonctionne pas seul. Il fait partie du pool laitier de l’Est du Canada, appelé P5, avec l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard.
Selon la Commission canadienne du lait, ces cinq provinces partagent les revenus provenant de la vente du lait de consommation et du lait de transformation, ainsi que certains coûts comme le transport et l’accès aux marchés.
Le P5 permet aussi d’harmoniser plusieurs éléments du système, notamment les prix des composants et certains aspects de la gestion du quota.
Pour un producteur québécois, cela signifie qu’une partie du risque lié aux variations entre différents marchés est répartie entre les provinces participantes plutôt que supportée uniquement par une région.
Comment fonctionne le quota laitier au Québec?
Comme ailleurs au Canada, la production laitière québécoise fonctionne sous le régime de la gestion de l’offre. Chaque ferme détient un quota qui détermine sa capacité de production.
La quantité totale de lait que le Canada cherche à produire est ajustée selon la demande. Cette cible est ensuite répartie entre les provinces et les producteurs.
Le quota permet donc d’éviter que chaque ferme augmente sa production sans tenir compte de la demande globale. En contrepartie, il représente aussi un actif important et coûteux pour les entreprises.
Pour une explication plus complète des trois piliers du système, voir notre page Gestion de l’offre au Canada.
Que devient le lait produit au Québec?
Après la traite, le lait est refroidi à la ferme puis ramassé par camion-citerne. Il est ensuite livré à une usine de transformation.
Le Québec compte actuellement 117 usines de transformation laitière, dont environ 60 fabriques artisanales, selon les PLQ.
Le lait québécois sert notamment à produire du lait de consommation, du fromage, du beurre, de la crème, du yogourt, de la poudre de lait et différents ingrédients utilisés dans l’industrie alimentaire.
La présence d’un important secteur de transformation explique aussi pourquoi les enjeux touchant Saputo, Agropur, Lactalis et les autres transformateurs ont des répercussions directes sur les producteurs.
Quelle est l’importance économique du secteur?
La filière laitière occupe une place majeure dans l’économie agricole québécoise.
Les PLQ estiment que l’industrie laitière génère environ 65 998 emplois, contribue pour environ 6,12 milliards de dollars au PIB et procure environ 1,03 milliard de dollars en revenus de taxation.
La production laitière contribue aussi à maintenir une activité agricole dans de nombreuses régions rurales. Les fermes achètent des aliments, de la machinerie, des services vétérinaires, des équipements, du carburant, des services professionnels et emploient directement ou indirectement une importante main-d’œuvre.
Les normes de production
Comme toutes les fermes laitières canadiennes, les fermes du Québec doivent respecter le programme national proAction.
Ce programme obligatoire couvre notamment la qualité du lait, la salubrité des aliments, les soins aux animaux, la traçabilité, la biosécurité et l’environnement.
Les producteurs doivent également respecter des règles strictes concernant la température d’entreposage du lait, la qualité bactériologique, les médicaments vétérinaires et les périodes de retrait.
Le Québec exporte-t-il directement beaucoup de lait?
La majorité du lait produit au Québec est destinée au marché canadien. Une partie peut toutefois être transformée en produits ou ingrédients qui sont ensuite exportés.
Les négociations commerciales internationales demeurent donc importantes, même lorsqu’une ferme ne vend directement aucun produit à l’étranger.
Les accords commerciaux peuvent notamment accorder davantage d’accès au marché canadien à des produits laitiers étrangers. Chaque augmentation permanente des importations réduit potentiellement une partie du marché intérieur disponible pour le lait canadien.
Pour comprendre les échanges avec les États-Unis et l’utilisation réelle des contingents, voir Marché laitier fermé? Les chiffres disent le contraire.
Quels sont les principaux défis des producteurs québécois?
La stabilité offerte par la gestion de l’offre n’élimine pas les difficultés économiques d’une ferme.
Les producteurs doivent composer avec le coût élevé des terres, des bâtiments et du quota, la hausse du prix des équipements, la main-d’œuvre, les taux d’intérêt, les exigences environnementales et les investissements nécessaires pour moderniser les étables.
Le transfert des fermes à une nouvelle génération constitue aussi un défi majeur. La valeur élevée des actifs peut rendre le financement d’un transfert très difficile même lorsqu’une exploitation demeure viable.
En parallèle, les fermes investissent de plus en plus dans les robots de traite, l’automatisation, la collecte de données, la génétique, l’amélioration des fourrages et les outils numériques de gestion.
Pourquoi le Québec est-il souvent au centre du débat sur la gestion de l’offre?
Parce que le Québec possède la plus forte concentration de fermes laitières du pays. Toute modification importante à la gestion de l’offre ou à l’accès au marché canadien touche donc particulièrement la province.
Lorsque le Canada négocie de nouveaux accords commerciaux ou discute avec les États-Unis d’un accès accru aux marchés agricoles, les producteurs québécois se retrouvent souvent parmi les premiers concernés.
Le débat dépasse toutefois les seuls producteurs. Il touche également les transformateurs, les détaillants, les consommateurs et les régions rurales où la production laitière représente une activité économique importante.
À retenir
Les Producteurs de lait du Québec représentent plus de 9 281 producteurs et productrices exploitant 4 087 fermes. Ensemble, ces fermes produisent environ 3,60 milliards de litres de lait par année.
Le secteur repose sur la gestion de l’offre, mais aussi sur un autre mécanisme essentiel : la mise en marché collective. Les producteurs vendent leur lait collectivement, partagent une partie des revenus dans le cadre du P5 et négocient les conditions de vente par l’intermédiaire des PLQ.
Comprendre le secteur laitier québécois exige donc de regarder à la fois la ferme, le quota, les PLQ, les transformateurs, le P5 et les négociations commerciales.
Sources et références
- Les Producteurs de lait du Québec, portrait général du secteur
- Les Producteurs de lait du Québec, portrait de la production laitière au Québec
- Les Producteurs de lait du Québec, mise en marché collective
- Les Producteurs de lait du Québec, mission et représentation
- Commission canadienne du lait, ententes de mise en commun des revenus du lait et P5
- Les Producteurs de lait du Québec, programme proAction