Trois dossiers retiennent l’attention dans l’actualité agricole aujourd’hui. Les contre-tarifs canadiens épargnent finalement la plupart des machines agricoles complètes, un maïs à courte stature suscite déjà beaucoup de curiosité et les acériculteurs québécois obtiennent gain de cause dans un important litige financier.
La plupart des machines agricoles échappent aux contre-tarifs
Le gouvernement canadien a annoncé des contre-tarifs visant 27,6 milliards de dollars d’importations américaines à compter du 8 septembre. Malgré les premières références générales à l’équipement agricole, l’examen détaillé de la liste montre que la plupart des machines complètes n’y figurent pas.
Les mesures semblent surtout toucher certaines pièces de moissonneuses-batteuses, des tables vendues séparément, des pièces de presses à balles, certains équipements de fauche ainsi que quelques remorques et convoyeurs. Cette précision réduit le risque d’une hausse généralisée du prix des tracteurs et de la machinerie américaine, tout en laissant certains achats et pièces de remplacement exposés.
Mon point de vue
C’est une bonne nouvelle dans l’ensemble. Mais à l’approche de la saison du battage du maïs, l’effet sur certaines pièces pourrait tout de même devenir un problème pour les agriculteurs canadiens. Quand vient le temps de récolter, il est impossible de retarder la réparation d’une moissonneuse-batteuse. Chaque journée compte.
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Le maïs à courte stature se rapproche du marché canadien
Bayer poursuit le développement canadien de son maïs Preceon, dont les plants atteignent environ sept pieds plutôt que plus de dix pieds pour un hybride ordinaire. Cette architecture pourrait permettre des peuplements plus denses, réduire la quantité de matière à faire passer dans la batteuse et faciliter les applications tardives d’engrais ou de fongicides avec un pulvérisateur terrestre.
Le caractère actuellement vendu aux États-Unis est transgénique, mais Bayer prévoit commercialiser au Canada une version issue d’un caractère naturel intégré par sélection végétale. L’entreprise n’a donné aucun échéancier et affirme vouloir attendre que les hybrides puissent offrir des rendements de premier plan avant leur lancement.
Mon point de vue
Je suis très curieux de voir ce maïs. Sa petite taille devrait le rendre moins vulnérable aux tempêtes et donc à la verse. Si l’augmentation de la population permet réellement d’améliorer le rendement, ce serait génial. Je me demande aussi si une plante moins haute pourrait être moins gourmande en nutriments.
Je m’attends moins à voir rapidement un hybride de ce type en maïs-ensilage, puisque l’objectif est aussi d’aller chercher du volume. Ce serait toutefois intéressant si une population plus élevée permettait d’obtenir un volume comparable, mais avec une proportion de grains plus importante.
Desjardins et EDC devront verser 2,7 M$ aux acériculteurs
La Cour supérieure a condamné Exportation et développement Canada et la Caisse Desjardins de l’Anse de La Pocatière à verser conjointement 2,73 millions de dollars aux Producteurs et productrices acéricoles du Québec. Selon le jugement, les deux institutions ont manqué à leur obligation de bonne foi en ne révélant pas que la garantie protégeant les PPAQ ne serait pas renouvelée.
L’affaire remonte aux difficultés financières des Érablières des Alleghanys. Les PPAQ croyaient leurs ventes de sirop protégées par une garantie de 3 millions de dollars, mais ont appris trop tard qu’elle avait expiré. Lorsque l’entreprise a finalement fait faillite, elle avait utilisé tout le sirop en consignation sans le payer et devait encore environ 2,7 millions de dollars aux producteurs.
Le dossier comporte plusieurs étapes et responsabilités croisées. Pour bien comprendre comment les producteurs se sont retrouvés sans garantie alors que leur sirop continuait d’être utilisé, je vous invite à lire l’article complet de Martin Ménard dans La Terre de chez nous.

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