Catégorie : Revue de presse

  • Diesel sous pression et grippe aviaire de retour au Manitoba

    Diesel sous pression et grippe aviaire de retour au Manitoba

    Deux risques très différents reviennent dans le calcul des fermes canadiennes. Le premier touche immédiatement les coûts et l’approvisionnement en carburant. Le second rappelle que la migration automnale peut rapidement transformer un risque sanitaire connu en restrictions concrètes pour les élevages.

    Le projet américain sur le diesel reste incertain, mais le risque canadien est réel

    Donald Trump a dit appuyer l’idée de restreindre les exportations américaines de diesel afin de faire baisser les prix aux États-Unis. La proposition a suffi à inquiéter les marchés, car le carburant est déjà cher et les raffineries américaines alimentent une partie importante du marché international.

    Il ne s’agit toutefois pas encore d’une décision. Le 23 septembre, la Maison-Blanche a nié préparer une interdiction de 90 jours. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a aussi affirmé qu’une interdiction générale n’était pas envisagée et que Washington discutait plutôt de mesures volontaires pour augmenter l’offre intérieure.

    Pour les fermes canadiennes, l’exposition n’est pas uniforme. Les raffineries de l’Ouest pourraient atténuer une partie du choc dans les Prairies. L’Est du Canada dépend davantage des importations de produits raffinés américains, évaluées à environ 130 000 barils par jour. Une restriction, même partielle, pourrait donc resserrer l’offre et pousser les coûts du diesel à la hausse au Québec et en Ontario, en plus d’alourdir le transport des intrants, des récoltes et des aliments.

    La prudence s’impose : aucune modalité, durée ou date d’entrée en vigueur n’a été annoncée. Le fait nouveau est plutôt la vulnérabilité mise en lumière. Une mesure décidée à Washington pour répondre à un problème de prix américain pourrait se transmettre rapidement aux charges d’exploitation canadiennes.

    Mon point de vue : L’idée semble gagner en popularité chez les républicains, et c’est inquiétant. Nous sommes en pleine saison des récoltes alors que le diesel est déjà très cher. Une hausse causée par des restrictions aurait des répercussions importantes sur nos opérations et alimenterait fortement l’inflation.

    À lire aussi : Le diesel menaçait déjà les marges agricoles à la fin d’août.

    Six élevages manitobains sont maintenant sous contrôle pour la grippe aviaire

    L’Agence canadienne d’inspection des aliments recensait six lieux contaminés actifs au Manitoba le 23 septembre. Le premier foyer de l’automne avait été confirmé le 10 septembre dans la municipalité rurale de De Salaberry. Cinq autres élevages commerciaux ont été ajoutés les 21 et 22 septembre, dans les municipalités de Cartier, Rockwood, Rhineland, Bifrost-Riverton et Woodlands.

    Chaque lieu est placé sous quarantaine et dans une zone de contrôle primaire où les mouvements sont restreints. Le Manitoba recommande aux propriétaires de garder les oiseaux à l’intérieur lorsque c’est possible, de suspendre les rassemblements avicoles et de renforcer la biosécurité pendant la migration automnale.

    Le Québec ne comptait aucun lieu contaminé actif au 23 septembre. Cette absence de foyer local ne supprime pas le risque : l’ACIA demande à tous les propriétaires d’oiseaux de surveiller les mortalités soudaines, d’éviter les contacts avec les oiseaux sauvages et de signaler rapidement les cas suspects.

    Il faut aussi éviter de confondre santé animale et innocuité des aliments. L’ACIA précise que l’influenza aviaire n’est pas considérée comme un risque lié à la consommation de volaille ou d’œufs bien cuits. La souche détectée dans les bovins laitiers américains n’a par ailleurs pas été trouvée dans les troupeaux domestiques canadiens.

    Sources

  • Le fulgore tacheté franchit un seuil au Canada

    Le fulgore tacheté franchit un seuil au Canada

    Le Canada vient de franchir un nouveau seuil dans la surveillance du fulgore tacheté. En septembre, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a confirmé à Windsor, en Ontario, la présence d’un insecte vivant dans l’environnement au cours d’une enquête officielle. C’est plus préoccupant qu’un spécimen trouvé sur une cargaison ou un véhicule, mais cela ne signifie pas encore que le ravageur est établi au pays.

    Une détection officielle, pas encore une population établie

    L’ACIA classe le cas de Windsor comme une « détection ». Dans son vocabulaire, il s’agit d’un fulgore vivant confirmé dans l’environnement canadien pendant une enquête officielle. Une population établie exigerait toutefois la confirmation d’une population reproductrice. L’agence précise qu’elle n’a encore confirmé aucune population établie au Canada.

    La distinction compte. Depuis plusieurs années, des fulgores vivants ou morts sont interceptés sur des marchandises et des véhicules, et certains signalements publics demeurent impossibles à confirmer. En août 2026, un spécimen vivant a notamment été intercepté à Saint-Bernard-de-Lacolle, au Québec. Cette interception ne démontre pas une implantation dans la province, mais elle confirme que la voie d’entrée reste active.

    La vigne et les arbres fruitiers au premier rang des cultures à surveiller

    Originaire d’Asie et présent aux États-Unis depuis 2014, le fulgore tacheté se nourrit de la sève d’un grand nombre de plantes. L’ACIA le considère comme une menace potentielle pour la viticulture, les arbres fruitiers et la foresterie. La vigne figure parmi ses hôtes importants, tout comme le pommier, le prunier, le cerisier, le pêcher et plusieurs essences forestières.

    Le risque de dispersion tient aussi à son comportement. Les femelles peuvent pondre sur des surfaces lisses, notamment la pierre, le mobilier extérieur et les véhicules. Les masses d’œufs peuvent donc parcourir de longues distances sans être transportées avec une plante. Le ravageur figure sur la liste canadienne des parasites réglementés depuis 2018.

    Le climat peut amplifier le risque, sans avoir transporté l’insecte

    On ne peut pas attribuer cette arrivée précise aux changements climatiques. Le principal mécanisme d’introduction et de dispersion à longue distance est humain : les œufs et les insectes voyagent sur les marchandises, les véhicules, les remorques, le bois de chauffage et le mobilier extérieur. Le climat ne les transporte pas.

    Il peut cependant déterminer la suite. Des travaux de l’US Forest Service montrent que le fulgore tolère des régimes thermiques plus variables qu’on ne le croyait et que son aire climatique potentielle pourrait inclure des secteurs auparavant jugés trop froids. Des hivers plus doux et des saisons chaudes plus longues peuvent donc faciliter son établissement et son expansion, même si cette détection particulière ne peut pas être imputée au réchauffement.

    C’est une conséquence de plus avec laquelle il faudra composer. Aujourd’hui, ce sont surtout les viticulteurs qui sont menacés; demain, une autre espèce envahissante pourrait toucher n’importe quel secteur agricole. Cette menace rejoint les autres signaux phytosanitaires récemment observés au Québec : la surveillance et la biosécurité ne concernent pas seulement les producteurs déjà touchés.

    La priorité reste la détection rapide

    La nouvelle ne justifie pas de conclure que les vignobles canadiens sont infestés. Elle justifie toutefois une vigilance accrue, surtout dans les régions viticoles et le long des corridors de transport. L’ACIA demande que les spécimens suspects lui soient signalés. À ce stade, la rapidité des signalements et la qualité des enquêtes détermineront s’il est encore possible de contenir le ravageur avant son établissement.

    Sources : Observations du fulgore tacheté au Canada, ACIA; fiche scientifique sur Lycorma delicatula, ACIA; voie de dispersion du fulgore tacheté, USDA APHIS; étude sur son aire climatique potentielle, US Forest Service.

  • Cécidomyie du blé, tache goudronneuse et mildiou sous surveillance

    Cécidomyie du blé, tache goudronneuse et mildiou sous surveillance

    Trois signaux phytosanitaires méritent l’attention en ce début de semaine. La cécidomyie orangée du blé a été observée de façon inhabituelle dans des champs du Québec et de l’Ontario. Le Réseau d’avertissements phytosanitaires rapporte aussi de nouveaux cas de tache goudronneuse du maïs et un premier cas très probable de mildiou dans une culture de tomate en Montérégie-Ouest.

    Ces constats n’ont pas tous la même gravité. La tache goudronneuse apparaît assez tard pour ne généralement pas menacer le rendement cette année, tandis que le cas de mildiou n’est pas encore confirmé en laboratoire. Ils ont néanmoins une valeur immédiate pour le dépistage et la planification des prochaines interventions.

    La cécidomyie du blé apparaît dans des régions inhabituelles

    La cécidomyie orangée du blé, surtout associée aux Prairies, a été trouvée cette saison dans du blé d’automne du sud-centre, du centre et de l’est de l’Ontario, ainsi que dans des champs québécois. Selon Farmtario, le CÉROM a reçu des signalements provenant de différentes régions du Québec. L’étendue exacte du phénomène et les pertes éventuelles restent toutefois à mesurer.

    Les conditions de 2026 pourraient avoir favorisé l’insecte. Une couverture de neige prolongée sur un sol non gelé aurait protégé les larves durant l’hiver. Au printemps, les pluies et la coïncidence entre l’émergence des adultes, les nuits chaudes et la floraison du blé auraient ensuite créé une fenêtre favorable à la ponte.

    Les larves s’alimentent sur les grains en formation. Une attaque peut produire des épis partiellement vides, des grains ratatinés ou une mort prématurée de l’épi, avec des conséquences possibles sur le rendement et le classement. La prudence s’impose néanmoins : une détection ne signifie pas que tous les champs sont touchés ni que des pertes importantes ont déjà été établies au Québec.

    Le développement mérite d’être suivi parce que les moyens de lutte sont limités dans le blé d’automne de l’Est. Il n’existe pas de variété canadienne de blé d’automne résistante à la cécidomyie et le moment d’une intervention insecticide doit coïncider avec la présence des adultes. Les spécialistes souhaitent maintenant étendre le piégeage et la surveillance au Québec et dans le centre et l’est du Canada.

    Lire le compte rendu de Farmtario publié le 14 septembre.

    Huit signalements de tache goudronneuse du maïs en 2026

    Deux nouveaux cas de tache goudronneuse du maïs ont été confirmés la semaine dernière, l’un dans la MRC de Drummond et l’autre dans la MRC des Maskoutains. Cela porte à huit le nombre de cas signalés au RAP Grandes cultures au Québec cette année.

    Cette maladie fongique produit sur les feuilles des taches noires qui ressemblent à des éclaboussures de goudron et réduit la surface utile à la photosynthèse. Le moment de l’apparition change toutefois beaucoup le risque. Dans les cas actuels, les symptômes sont apparus tardivement et le RAP indique qu’ils ne devraient généralement pas réduire le rendement du maïs-grain ni justifier un traitement fongicide maintenant.

    Le dépistage demeure utile pour cartographier les champs atteints et préparer les prochaines saisons. Le RAP recommande notamment de surveiller les champs à partir de la sortie des panicules, d’intégrer la rotation avec une culture non hôte, de favoriser la dégradation des résidus infectés lorsque cette pratique convient à l’entreprise et de privilégier des hybrides tolérants. Les observations peuvent être transmises au CÉROM avec la municipalité, la date et des photos.

    Consulter l’avertissement du RAP Grandes cultures du 11 septembre.

    Un premier cas très probable de mildiou dans la tomate

    Un cas de mildiou a été jugé très probable dans une culture de tomate de la MRC du Haut-Saint-Laurent, en Montérégie-Ouest, le 11 septembre. Le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ doit encore le confirmer. Des mesures de contrôle ont déjà été appliquées dans le champ concerné.

    Le signal est important pour les producteurs de tomates et de pommes de terre, car le même organisme, Phytophthora infestans, peut se propager rapidement lorsque le feuillage demeure mouillé, que l’humidité dépasse 90 % et que les températures restent modérées. Le RAP recommande un dépistage resserré, particulièrement dans les zones mal drainées, compactées ou moins aérées.

    Lorsqu’un foyer est découvert, les champs atteints doivent être visités en dernier, les outils et la machinerie doivent être nettoyés et les végétaux infectés doivent être détruits rapidement afin de limiter la propagation. Les producteurs voisins de pommes de terre, de tomates, de poivrons ou d’aubergines devraient aussi être avertis. Aucun fongicide ne peut éradiquer une infection déjà établie, mais une stratégie appropriée peut limiter la sporulation et la propagation.

    Lire l’alerte du RAP Solanacées du 11 septembre.

  • Bilan agricole : élections, lait et coût du crédit

    Bilan agricole : élections, lait et coût du crédit

    Trois dossiers ont surtout retenu mon attention cette semaine : les propositions agricoles des partis québécois, l’escalade commerciale qui touche directement le secteur laitier et le coût du crédit agricole. Trois sujets très différents, mais qui ont un point commun : ils peuvent tous influencer directement les décisions prises à la ferme.

    Les partis québécois détaillent leurs engagements agricoles

    La campagne électorale a franchi une étape importante cette semaine. Plusieurs partis sont passés des déclarations générales aux engagements chiffrés. Le Parti libéral du Québec a annoncé 560 M$ sur quatre ans, le Parti québécois un minimum de 450 M$ sur quatre ans, Québec solidaire 210 M$ supplémentaires par année au MAPAQ ainsi qu’un fonds climatique de 500 M$, tandis que la CAQ a présenté 56 M$ pour la relève et des mesures de simplification administrative.

    L’intérêt ne consiste toutefois pas simplement à comparer les montants. Ce qui compte réellement, c’est de savoir quelles mesures peuvent changer quelque chose pour les fermes : accès au financement, relève, protection des terres, achats locaux, soutien du revenu ou réduction de la paperasse.

    J’ai regroupé mes analyses dans la page consacrée aux propositions agricoles des partis aux élections québécoises de 2026, qui continuera d’être mise à jour à mesure que de nouveaux engagements seront annoncés.

    Voir l’annonce agricole du Parti libéral du Québec et celle du Parti québécois.

    Les tensions commerciales touchent directement le secteur laitier

    Les contre-tarifs canadiens sont entrés en vigueur le 8 septembre sur 27,6 G$ d’importations américaines, notamment des produits laitiers et certains équipements agricoles. Le même jour, les États-Unis ont annoncé que certains produits laitiers canadiens seront exclus du marché américain à compter du 29 septembre, tandis que d’autres demeurent frappés de droits supplémentaires.

    Le dossier est donc passé cette semaine des menaces et annonces politiques à des mesures concrètes qui touchent directement le commerce laitier et certains coûts d’équipement.

    Pour l’instant, je préfère toutefois rester prudent. J’ignore encore quelles seront les conséquences réelles de ces mesures sur notre production. Les annonces sont importantes, mais il faudra voir comment elles se traduiront concrètement pour les producteurs avant de tirer des conclusions.

    Consulter la liste fédérale des produits américains visés par les contre-tarifs et l’annonce américaine concernant certains produits laitiers canadiens.

    Le coût du crédit agricole reste sous pression

    Financement agricole Canada souligne que la hausse persistante des rendements obligataires peut limiter l’effet d’une politique monétaire plus accommodante. Pour les fermes, cela signifie que le coût réel du financement peut demeurer élevé même si le taux directeur n’augmente pas.

    C’est un enjeu très concret. Une variation de quelques points sur le coût du financement peut changer complètement la rentabilité d’une nouvelle étable, d’un robot, de l’achat d’une terre ou d’un refinancement important.

    La suite est difficile à prévoir. Dans un contexte où les tarifs imposés par le Canada et les États-Unis risquent eux-mêmes d’alimenter l’inflation, on pourrait normalement s’attendre à une pression haussière sur les taux. À l’inverse, la Banque du Canada pourrait aussi vouloir soutenir l’économie et favoriser l’investissement si l’activité ralentit. Entre inflation et besoin de stimuler l’économie, la direction que prendront réellement les coûts d’emprunt agricoles reste donc à suivre.

    Lire l’analyse de Financement agricole Canada sur les tarifs et les rendements obligataires.

    Ce qu’il faut retenir

    Cette semaine n’a pas été dominée par une seule grande nouvelle agricole, mais par trois sources d’incertitude qui peuvent peser sur les décisions des producteurs. Les partis proposent maintenant des mesures plus concrètes, mais il faudra encore juger leur portée réelle. La guerre commerciale commence à toucher directement le secteur laitier, sans qu’on sache encore jusqu’où iront les conséquences. Et le financement demeure coûteux au moment même où plusieurs fermes auraient besoin d’investir pour gagner en productivité.

    Autrement dit, les prochains mois risquent de demander autant de prudence dans les décisions financières que d’attention aux décisions politiques.

  • Washington frappe le lactosérum et le fromage, mais le Canada reste gagnant

    Washington frappe le lactosérum et le fromage, mais le Canada reste gagnant

    La riposte américaine aux contre-tarifs canadiens touche maintenant directement le commerce laitier. Le président Donald Trump a signé le 8 septembre une nouvelle proclamation qui interdira l’entrée aux États-Unis de plusieurs produits canadiens à compter du 29 septembre, tout en élargissant dès le 15 septembre la liste des produits soumis à des droits de 50 %.

    Le lactosérum est interdit, mais pas tous les produits laitiers

    La Maison-Blanche présente sa décision comme une interdiction visant certains produits laitiers canadiens. L’annexe officielle permet toutefois d’en mesurer précisément la portée : elle énumère différentes formes de lactosérum, dont les concentrés de protéines, le lactosérum modifié, liquide ou séché. Elle ajoute certaines mélasses et la bière sans alcool, qui ne sont pas des produits laitiers.

    Le lait liquide, le beurre et le yogourt ne figurent pas dans cette annexe. Il serait donc exagéré de parler d’une fermeture complète du marché américain aux produits laitiers canadiens. Pour les produits énumérés, en revanche, il ne s’agit plus simplement d’un tarif rendant les ventes moins compétitives : les importations seront interdites à partir du 29 septembre. Les marchandises déjà importées, mais pas encore dédouanées à cette date, resteront soumises au droit de 50 % précédent.

    Les fromages canadiens restent admis, mais à un coût prohibitif

    La nouvelle décision américaine modifie aussi la portée des droits annoncés en juillet. Plusieurs fromages canadiens sont ajoutés à la liste des produits frappés d’un tarif de 50 % à compter du 15 septembre. Ils ne sont pas interdits, mais un droit de cette ampleur peut suffire à éliminer une grande partie de leur compétitivité sur le marché américain.

    Washington justifie ces mesures par le maintien du système canadien d’attribution des contingents tarifaires sur les produits laitiers américains. La proclamation invoque l’article 338 de la Tariff Act of 1930, une disposition qui permet au président d’imposer jusqu’à 50 % de droits et, dans certaines circonstances, d’exclure complètement des produits d’un pays accusé de discrimination commerciale.

    Les États-Unis avaient beaucoup plus à perdre

    L’annonce est survenue le jour même où les contre-tarifs canadiens sont entrés en vigueur sur des produits américains, notamment plusieurs fromages et catégories de lactosérum. Le premier ministre Mark Carney affirme que le Canada doit accélérer ses investissements et la diversification de ses marchés, tout en reconnaissant que cette transition entraînera des coûts à court terme.

    Le rapport de force laitier demeure toutefois très asymétrique. En 2025, les États-Unis ont exporté environ 1,3 milliard de dollars de produits laitiers vers le Canada, alors qu’ils en ont importé pour environ 433 millions de dollars en provenance du Canada. Les mesures canadiennes menacent donc un courant commercial américain près de trois fois plus important.

    Cela ne rend pas la décision américaine inoffensive. Certains transformateurs canadiens spécialisés dans le lactosérum ou les fromages d’exportation peuvent subir des pertes importantes. À l’échelle de l’ensemble du commerce laitier bilatéral, cependant, les États-Unis avaient davantage de ventes à perdre.

    Mon point de vue : Oh non… J’ai de la grosse peine… Franchement, ces mesures touchent peu de choses. Les États-Unis exportaient beaucoup plus de produits laitiers chez nous que nous en exportions chez eux. Sur le seul volet laitier de ce conflit commercial, le Canada reste donc gagnant.

    Sources : proclamation de la Maison-Blanche, annexe officielle des produits interdits, Reuters et Université du Wisconsin.

  • Fromage, miel et machinerie : les contre-tarifs frappent l’agriculture

    Fromage, miel et machinerie : les contre-tarifs frappent l’agriculture

    Les contre-tarifs canadiens annoncés en août sont entrés en vigueur le 8 septembre à 0 h 01. Pour le secteur agricole, l’enjeu n’est plus seulement diplomatique : la liste définitive impose maintenant de nouveaux droits sur des aliments américains et sur certains équipements utilisés dans les fermes.

    Fromages, lactosérum et miel directement visés

    Le Canada applique des droits de 15 %, 25 % ou 50 % sur 27,6 milliards de dollars d’importations américaines. Dans l’agroalimentaire, la plupart des fromages américains inscrits à la liste, dont le cheddar, la mozzarella, le brie, le gouda et le parmesan, sont frappés d’un droit de 25 %. Plusieurs catégories de lactosérum et d’autres constituants naturels du lait sont taxées à 50 %, tout comme le miel naturel.

    Ces mesures répondent dollar pour dollar aux tarifs américains entrés en vigueur le 22 août. Elles peuvent donner un avantage relatif aux produits canadiens sur leur propre marché, mais leur effet dépendra des volumes réellement importés et de la capacité des acheteurs à changer de fournisseur. Elles risquent aussi d’augmenter le prix de certains ingrédients pour les transformateurs qui dépendent de produits américains précis.

    Une liste de machinerie plus ciblée que le terme « équipement agricole »

    La liste officielle ne taxe pas indistinctement tous les tracteurs et toutes les moissonneuses-batteuses. Elle vise notamment certaines faucheuses et barres de coupe montées sur tracteur à 15 %, des pièces de machines de récolte à 15 %, ainsi que des remorques agricoles et de transport du bétail à 25 %. Des équipements de manutention, des pompes, des compresseurs et certaines pièces peuvent aussi être touchés selon leur classement tarifaire.

    Pour une ferme qui prépare un achat, le pays d’origine et le code tarifaire deviennent donc déterminants. Un appareil vendu par une marque américaine n’est pas nécessairement assujetti s’il a été fabriqué ailleurs, tandis qu’une pièce provenant des États-Unis peut l’être même si elle entre dans une réparation urgente. Le coût réel apparaîtra surtout dans les soumissions des concessionnaires et des fournisseurs.

    Pour replacer cette entrée en vigueur dans son contexte, voir aussi l’analyse de l’annonce initiale et de ses conséquences possibles pour le lait canadien.

    Une riposte qui comporte aussi un coût canadien

    Le gouvernement cherche à exercer une pression politique sur les États-Unis, mais une partie de cette pression passe d’abord par les importateurs et les acheteurs canadiens. Dans les fermes, cela peut accélérer le report d’investissements, le recours à l’équipement usagé ou la recherche de fournisseurs non américains.

    L’entrée en vigueur constitue un développement concret par rapport aux annonces d’août. La prochaine donnée importante sera moins le taux affiché que la réaction des prix, des concessionnaires et des transformateurs au cours des prochaines semaines.

    Mon point de vue : Comme producteur laitier, je suis heureux de savoir que nos produits pourraient maintenant occuper une plus grande place sur le marché canadien. Je crains toutefois que les consommateurs doivent en payer le prix. Avec des droits de 25 % sur plusieurs fromages américains et de 50 % sur certains produits de lactosérum, le risque d’une augmentation des prix est très réel.

    Sources : liste officielle du ministère des Finances du Canada, Reuters et Wisconsin Public Radio.

  • Bilan agricole : élevage, canola et pression sur les marchés

    Bilan agricole : élevage, canola et pression sur les marchés

    Les chiffres agricoles de la semaine sont plutôt bons à première vue. Pourtant, en les regardant de plus près, trois dossiers racontent une histoire beaucoup plus nuancée : les bonnes nouvelles ne profitent pas également à toutes les productions et, en agriculture, produire davantage ne garantit jamais de gagner davantage.

    Élevage et grandes cultures ne vivent pas la même année

    Les recettes monétaires agricoles canadiennes ont progressé de 4,2 % au premier semestre de 2026. Au Québec, la hausse a été de 3,0 %. Mais le chiffre national cache des réalités très différentes selon les secteurs. Les recettes du bétail ont augmenté de 8,7 %, alors que les producteurs de grandes cultures continuent de composer avec des intrants coûteux et des marges plus serrées.

    Avec le recul, ce contraste ne m’étonne pas vraiment. Les prix du bœuf sont élevés, alors que du côté des grains, les intrants restent chers et viennent réduire les marges de profit. Une hausse des recettes agricoles dans leur ensemble ne signifie donc pas nécessairement que toutes les fermes ont davantage d’argent dans leurs poches.

    Nous avions d’ailleurs vu plus tôt cette semaine que les marges du maïs et du soya demeurent sous pression au Québec.

    Consulter les données de Statistique Canada sur les recettes monétaires agricoles

    Le canola montre concrètement l’intérêt de diversifier nos marchés

    La statistique la plus encourageante de la semaine vient peut-être du commerce extérieur. Les exportations canadiennes de canola ont bondi de 43,2 % en juillet. Sur les sept premiers mois de 2026, elles dépassent de 32,2 % celles de la même période en 2025. La hausse des expéditions vers la Chine, le Pakistan et le Japon explique une bonne partie de cette progression.

    Le chiffre est d’autant plus intéressant que les exportations canadiennes vers les pays autres que les États-Unis ont atteint un niveau record en juillet. La diversification commerciale dont on parle depuis des mois commence donc à produire des résultats qu’on peut mesurer.

    J’en suis heureux. Diversifier les marchés canadiens réduit notre dépendance envers les États-Unis et nous renforce globalement en nous mettant un peu plus à l’abri des folies du gouvernement Trump. Aucun nouveau marché ne remplacera à lui seul notre voisin américain, mais multiplier les débouchés nous donne davantage de marge de manœuvre.

    J’avais consacré une analyse aux exportations de canola lorsque les données sont sorties jeudi.

    Consulter les données de Statistique Canada sur le commerce international

    Ail et tomates : le piège de l’abondance

    Deux nouvelles maraîchères québécoises ont illustré cette semaine un problème économique vieux comme le commerce. L’ail québécois a réussi à gagner des parts de marché face aux produits importés, mais l’augmentation de la production entraîne maintenant une concurrence difficile entre producteurs. Du côté des tomates, une récolte généreuse oblige les fermes à écouler rapidement de gros volumes.

    C’est la même chose dans pratiquement n’importe quel domaine. Lorsqu’un produit gagne en popularité et en valeur, de nouveaux producteurs veulent profiter de la manne. L’offre augmente et finit malheureusement par exercer une pression à la baisse sur les prix.

    Avec une denrée périssable, le problème est encore plus brutal et largement incontournable. Un fabricant peut parfois ralentir sa production ou conserver son inventaire. Un producteur maraîcher n’a pas ce luxe. Une fois la récolte prête, il faut la vendre.

    Lire le reportage de La Terre de chez nous sur l’ail québécois et celui sur l’abondante récolte de tomates.

    Ce qu’il faut retenir

    Cette semaine rappelle surtout qu’il faut se méfier des chiffres pris isolément. Les recettes agricoles augmentent, mais pas également partout. Les exportations de canola progressent fortement, ce qui confirme l’intérêt de multiplier nos débouchés. Et au Québec, l’ail et les tomates montrent l’autre côté de l’équation : lorsqu’une production fonctionne trop bien sans que le marché grandisse au même rythme, le succès peut lui-même faire pression sur les prix.

    Au bout du compte, produire reste seulement une partie du travail. Il faut aussi pouvoir acheter nos intrants à un coût raisonnable et, surtout, trouver un marché capable d’absorber ce que nous produisons à un prix qui permet aux fermes de vivre.

  • Canola canadien : les exportations bondissent de 43,2 % en un mois

    Canola canadien : les exportations bondissent de 43,2 % en un mois

    Le commerce agricole canadien a avancé à contre-courant en juillet. Alors que les exportations de marchandises du pays ont reculé dans l’ensemble, les produits agricoles, de la pêche et les produits alimentaires intermédiaires ont enregistré une hausse appréciable. Le canola explique une partie importante de ce mouvement et montre que la diversification des débouchés peut produire des résultats concrets.

    Les expéditions de canola progressent de 43,2 % en un mois

    Selon les données publiées le 3 septembre par Statistique Canada, les exportations de produits agricoles, de la pêche et de produits alimentaires intermédiaires ont augmenté de 5,5 % en juillet. Elles ont ainsi atteint leur plus haut niveau depuis mars 2023, malgré une baisse de 2,3 % des exportations canadiennes totales.

    La progression est particulièrement forte pour le canola. Ses exportations ont bondi de 43,2 % en juillet, principalement grâce à des expéditions plus élevées vers la Chine, le Pakistan et le Japon. Sur les sept premiers mois de 2026, elles dépassaient de 32,2 % celles de la même période en 2025.

    Un signal utile dans un climat commercial incertain

    Une hausse mensuelle ne garantit pas que tous ces marchés conserveront le même rythme. Elle montre néanmoins que la demande asiatique peut absorber davantage de canola canadien au moment où les relations commerciales avec les États-Unis demeurent tendues. Après l’annonce récente d’un premier achat important du Pakistan, les chiffres de juillet confirment que ce débouché commence déjà à apparaître dans les données officielles.

    Pour les producteurs, la valeur du signal dépendra maintenant de sa durée et de sa transmission aux prix reçus à la ferme. Le fait que la progression soit répartie entre trois marchés, plutôt que concentrée chez un seul acheteur, réduit toutefois une partie du risque commercial.

    Mon point de vue : Les premiers tarifs imposés par Donald Trump ont montré à quel point le Canada devait diversifier ses marchés. Le retour de la Chine explique une partie importante de cette hausse, mais les ventes au Pakistan et au Japon montrent aussi que nos efforts portent leurs fruits ailleurs. C’est exactement ce qu’il faut faire : développer davantage de débouchés pour être moins dépendants d’un seul partenaire commercial.

    Source : Statistique Canada, Commerce international de marchandises du Canada, juillet 2026

  • Engrais chers, marges du maïs en baisse et ail québécois sous pression

    Engrais chers, marges du maïs en baisse et ail québécois sous pression

    Les nouvelles agricoles du 2 septembre montrent à quel point les décisions financières et les conditions de marché se répercutent rapidement à la ferme. La Banque du Canada maintient son taux directeur malgré une inflation plus préoccupante, Ottawa ouvre un report d’impôt à certains éleveurs touchés par les conditions extrêmes, les marges des grandes cultures divergent au Québec et le marché de l’ail local commence à subir les effets de sa propre croissance.

    Le taux directeur reste à 2,25 % dans un contexte plus incertain

    La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre. Le taux bancaire demeure à 2,5 % et le taux de dépôt à 2,20 %. Le taux directeur n’a pas changé depuis octobre 2025.

    La Banque constate que l’économie canadienne s’est redressée au deuxième trimestre, avec une croissance annualisée du produit intérieur brut de 3,3 %. Elle juge toutefois que les nouveaux tarifs américains, les contre-mesures canadiennes et la persistance des prix élevés de l’énergie rendent la suite plus difficile à prévoir.

    L’inflation globale se maintenait près de 3 % en juillet, surtout à cause de l’essence. Sans l’essence, elle atteignait 2,2 %, tandis que les mesures de l’inflation fondamentale demeuraient près de 2 %. La Banque prévient néanmoins que les tarifs pourraient augmenter les coûts de certaines entreprises et finir par se transmettre aux consommateurs.

    Pour les entreprises agricoles endettées, le maintien du taux évite une hausse immédiate du coût de référence du crédit, mais il repousse aussi l’espoir d’un allègement. Les prêts agricoles ne suivent pas tous le taux directeur de façon identique, mais celui-ci influence généralement le financement à taux variable, les marges de crédit et, indirectement, le coût des nouveaux emprunts.

    Mon point de vue : Cette décision est peu surprenante dans le contexte actuel, alors que d’importants tarifs américains viennent d’entrer en vigueur. La Banque doit vouloir rester prudente et attendre de voir comment la situation évoluera avant de modifier son taux.

    Lire la décision de la Banque du Canada

    Ottawa permet un report d’impôt à des éleveurs touchés par les conditions extrêmes

    Agriculture et Agroalimentaire Canada a publié une première liste de régions admissibles au report de l’impôt pour les éleveurs en 2026. La mesure vise les producteurs qui doivent vendre une partie de leur troupeau reproducteur en raison d’un manque de fourrage causé par la sécheresse, l’excès d’humidité ou les inondations.

    Pour être admissible, une entreprise doit réduire son troupeau reproducteur d’au moins 15 %. Une partie du revenu tiré des ventes peut alors être reportée à une année ultérieure et possiblement compensée par le coût de rachat d’animaux lorsque les conditions s’améliorent.

    Au Québec, Eeyou Istchee Baie-James et Port-Cartier figurent sur la première carte. Des régions de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, de Terre-Neuve-et-Labrador et des Territoires du Nord-Ouest sont également désignées. Ottawa précise que la liste pourra être élargie à mesure que les données météorologiques, climatiques et de production seront analysées.

    Le report ne remplace pas le revenu perdu ni le troupeau vendu. Il évite plutôt qu’une vente forcée crée immédiatement une facture fiscale qui aggraverait un problème de liquidités. Sa valeur dépendra donc autant de la rapidité des mises à jour régionales que des conditions permettant éventuellement aux producteurs de reconstituer leur cheptel.

    Mon point de vue : On se plaint souvent du manque de considération des gouvernements pour l’agriculture. Or, cette mesure est clairement conçue pour soutenir les agriculteurs ayant vécu des situations difficiles. Bravo.

    Lire l’annonce d’Agriculture et Agroalimentaire Canada

    Consulter la liste des régions désignées

    La hausse des engrais creuse l’écart entre les marges du maïs et du soya

    Les Producteurs de grains du Québec ont mis à jour leurs estimations de marges pour le maïs-grain, le soya, les céréales et le canola. Les calculs distinguent la marge monétaire, après les coûts variables et fixes, de la marge nette, qui tient aussi compte de l’amortissement ainsi que de la rémunération du travail et de l’avoir du producteur.

    La hausse du prix des engrais pèse particulièrement sur le maïs-grain, très dépendant de l’azote. Les marges attendues pour cette culture se détériorent en 2026. Pour le soya, la progression anticipée des prix pourrait mieux absorber l’augmentation des coûts et permettre une marge nette positive.

    Les perspectives de prix sont également en hausse pour les céréales et surtout le canola. L’année 2026 marque par ailleurs la première application du nouveau coût de production utilisé pour calculer les compensations de l’Assurance stabilisation des revenus agricoles. Selon les estimations présentées, ce changement devrait améliorer les indemnisations des cultures stabilisées, sauf l’avoine, toutes choses étant égales par ailleurs.

    Ces prévisions ne garantissent pas le résultat d’une ferme donnée. Elles montrent néanmoins que le rendement seul ne suffit pas à départager les cultures lorsque le prix de l’azote, le coût du capital et les programmes de stabilisation évoluent en même temps.

    Mon point de vue : On s’en doutait un peu, donc ce n’est pas vraiment une surprise. Il faudra maintenant attendre la récolte pour voir ce qu’il en sera exactement avec les rendements et les prix réellement obtenus.

    Lire l’analyse des Producteurs de grains du Québec

    L’ail du Québec gagne les tablettes, mais son marché se congestionne

    L’ail québécois a réussi à remplacer une partie des importations et certains producteurs approvisionnent maintenant les grandes chaînes toute l’année. Cette progression crée toutefois une nouvelle difficulté : la production locale a augmenté plus vite que l’espace disponible en épicerie.

    De petits producteurs disent avoir de la difficulté à entrer dans les grandes bannières, non seulement à cause des importations, mais aussi parce que des entreprises québécoises plus importantes occupent déjà les tablettes. La situation est particulièrement pénible au moment de la récolte pour les fermes qui ne disposent pas d’installations d’entreposage.

    La Ferme au fond du 2, en Estrie, produit près de 100 000 bulbes et se tourne vers l’ail noir, la poudre et les granules pour écouler ses stocks. La présidente d’Ail Québec observe pour sa part davantage d’équipements spécialisés offerts sur le marché de l’occasion, signe que certains producteurs réduisent ou abandonnent cette production.

    Le dossier rappelle qu’une substitution réussie aux importations ne garantit pas une place rentable à chaque ferme. Une filière peut gagner des parts de marché collectivement tout en traversant une phase de consolidation difficile pour ses plus petits joueurs.

    Mon point de vue : J’achète moi-même mon ail directement du producteur. Pour les gens ordinaires, c’est probablement la meilleure façon d’aider concrètement. J’encourage donc tous les lecteurs à faire de même et, si possible, à acheter un kilo d’ail directement à la ferme.

    Lire le reportage de La Terre de chez nous

  • Recettes agricoles en hausse et septembre plus chaud au Québec

    Recettes agricoles en hausse et septembre plus chaud au Québec

    Les nouvelles agricoles du 31 août mettent en lumière deux réalités différentes. À l’échelle canadienne, les recettes monétaires agricoles ont progressé au premier semestre, mais cette hausse ne doit pas être confondue avec une amélioration équivalente des marges. Au Québec, les prévisions d’un mois de septembre plus chaud que la normale pourraient donner un peu plus de temps aux cultures tardives, malgré une première semaine instable.

    Les recettes agricoles canadiennes augmentent, sans garantir de meilleures marges

    Les recettes monétaires agricoles canadiennes ont atteint 51,8 milliards de dollars de janvier à juin 2026, une hausse de 2,1 milliards, ou 4,2 %, par rapport à la même période en 2025. Le redressement est notable puisque le premier trimestre avait commencé en baisse.

    Les recettes du bétail ont progressé de 8,7 % pour atteindre 23,2 milliards de dollars. La vigueur des prix, notamment dans le secteur bovin, explique une part importante de cette croissance. Les recettes des cultures ont augmenté de 4,1 % pour s’établir à 27,1 milliards.

    Les paiements directs de programmes ont suivi le mouvement inverse. Ils ont reculé de 35,5 % à 1,5 milliard de dollars, principalement en raison de paiements d’assurance-récolte moins élevés. La baisse des indemnisations peut refléter de meilleures conditions de production, mais elle réduit aussi la contribution des programmes au total encaissé.

    Ces chiffres mesurent les revenus bruts reçus par les exploitations et non leurs bénéfices. Ils ne tiennent pas compte des dépenses, du remboursement des prêts ni de l’amortissement. Avec des coûts de production encore élevés, une hausse des recettes ne signifie donc pas automatiquement que les marges se sont améliorées dans la même proportion.

    Mon point de vue : C’est une bonne nouvelle. La hausse de 4,2 % dépasse l’inflation sur 12 mois, qui s’établissait à 3,0 % en juillet. Dans l’ensemble, cela représente donc davantage de liquidités en dollars réels pour les entreprises agricoles, même si l’effet varie selon les secteurs et l’évolution de leurs dépenses.

    Consulter les données de Statistique Canada

    Un septembre plus chaud pourrait prolonger la saison de croissance au Québec

    MétéoMédia prévoit un mois de septembre généralement plus chaud que la normale au Québec. Le mois commencerait près des valeurs saisonnières, avec un passage plus frais et pluvieux au début de la semaine, avant que la chaleur de fin d’été reprenne davantage de place.

    La tendance serait encore plus douce durant la deuxième moitié du mois. Habituellement, la température moyenne baisse d’environ 3 °C entre les deux moitiés de septembre. Ce recul devrait être moins marqué cette année, ce qui permettrait d’accumuler davantage d’unités thermiques qu’à l’habitude.

    Pour les cultures qui ont besoin de temps afin de compléter leur maturation, cette chaleur tardive peut être utile. Elle ne règle toutefois pas tout : les fenêtres de récolte dépendront aussi des précipitations, de la portance des sols et des coups de froid ponctuels. Une tendance mensuelle plus chaude n’exclut pas des nuits fraîches ni des fronts froids.

    Mon point de vue : C’est parfait. La fin de l’été a été marquée par beaucoup de pluie, ce qui a rendu les conditions difficiles. Du meilleur temps sera bienvenu, surtout pendant les récoltes.

    Lire les prévisions de MétéoMédia