Catégorie : Revue de presse

  • Revue agricole du 11 août 2026 : des projets ralentis, la rage progresse et une relève s’installe

    Revue agricole du 11 août 2026 : des projets ralentis, la rage progresse et une relève s’installe

    La revue agricole du 11 août revient sur quatre dossiers qui touchent directement le travail et l’avenir des fermes québécoises : des investissements ralentis, un risque sanitaire qui progresse, un nouvel outil de prévention psychologique et une relève qui redonne un avenir à la dernière ferme laitière d’un village.

    La grève des ingénieurs ralentit des projets agricoles

    La grève générale illimitée des ingénieurs de l’État, commencée le 6 juillet, commence à se faire sentir dans plusieurs dossiers agricoles. Des projets nécessitant l’expertise du MAPAQ ou du ministère de l’Environnement sont retardés, notamment des constructions d’enclos d’hivernage liées au programme Prime-Vert.

    Des conseillers rapportent que certains dossiers ne peuvent pas être finalisés sans validation technique. Le MAPAQ soutient pour sa part que les effets demeurent limités et que des agronomes peuvent contribuer à certaines analyses. Les certificats d’autorisation et certains volets du nouveau cadre agroenvironnemental figurent toutefois parmi les services ralentis.

    Lire le reportage de La Terre de chez nous sur les projets agricoles ralentis

    Rage : producteurs et vétérinaires réclament un vaccin préventif plus accessible

    La progression de la rage du raton laveur en Estrie et en Montérégie soulève des inquiétudes chez les vétérinaires et les producteurs agricoles. En date du 5 août, 126 cas avaient été détectés en 2026 dans ces régions.

    Des associations vétérinaires demandent à Québec de rendre gratuite la vaccination préventive pour les professionnels exposés. Des représentants agricoles souhaitent aussi une réduction du coût pour les producteurs à risque et leur famille. La vaccination post-exposition demeure offerte lorsqu’un contact significatif survient, mais les intervenants demandent que la prévention ne dépende pas de la capacité de payer.

    Consulter le dossier sur la vaccination préventive contre la rage

    Okérico ajoute un outil de prévention en santé mentale agricole

    L’organisme Okérico a lancé une application gratuite conçue pour les réalités du monde agricole. Son outil d’autoévaluation permet de suivre l’évolution de son humeur et peut proposer de communiquer avec une travailleuse de rang ou un proche lorsque la situation se dégrade pendant plusieurs jours.

    L’application regroupe également des ressources adaptées à la région de l’utilisateur et des outils portant notamment sur le deuil, les habitudes de vie et les difficultés financières. Une version anglaise et espagnole est prévue afin de rejoindre aussi les travailleurs étrangers.

    Découvrir l’application de santé mentale agricole Okérico

    La dernière ferme laitière de Sainte-Catherine-de-Hatley trouve sa relève

    À Sainte-Catherine-de-Hatley, une municipalité qui comptait autrefois une soixantaine de fermes laitières, la dernière exploitation bovine du village prépare maintenant son transfert à une quatrième génération.

    Mary-Jade et William Couture reprendront progressivement l’entreprise familiale après leurs études. Leur arrivée a déjà favorisé des changements dans les installations, l’alimentation, la reproduction et le logement des jeunes animaux. Ce portrait rappelle que la relève n’est pas seulement une transaction : elle peut aussi devenir le déclencheur d’une modernisation et d’un nouveau partage des responsabilités.

    Lire le portrait de la relève de la ferme Couture

    À surveiller

    Le règlement de la grève des ingénieurs sera particulièrement important pour les fermes qui doivent réaliser des travaux avant l’hiver. Dans le sud du Québec, l’évolution des cas de rage et la réponse du gouvernement à la demande de vaccination préventive devront aussi être suivies. Enfin, le lancement d’Okérico donnera une première indication de la place que peuvent prendre des outils numériques réellement adaptés à la santé psychologique des producteurs.

  • Actualité agricole du 10 août 2026 : porc, santé animale et état des cultures

    Actualité agricole du 10 août 2026 : porc, santé animale et état des cultures

    L’actualité agricole au Québec est marquée par un débat déterminant sur la mise en marché collective du porc, tandis qu’Ottawa investit dans ses capacités de recherche en santé animale. Les cultures progressent généralement bien, mais la météo des prochaines semaines demeure à surveiller.

    Un référendum déterminant pour la filière porcine québécoise

    Le différend opposant duBreton aux Éleveurs de porcs du Québec revient à l’avant-plan. Le référendum à venir doit permettre aux producteurs de se prononcer sur une éventuelle exclusion du porc biologique et certifié bien-être animal du Plan conjoint des producteurs de porcs du Québec.

    Le modèle actuel regroupe les producteurs afin de renforcer leur pouvoir de négociation et d’assurer une mise en marché collective. Les Éleveurs de porcs craignent que l’exclusion de certaines productions crée un précédent susceptible de fragmenter progressivement le système.

    DuBreton soutient plutôt que les producteurs de porcs biologiques et certifiés répondent à des normes particulières et desservent des marchés spécialisés. Selon l’entreprise, ils ne devraient donc pas être soumis exactement aux mêmes contributions et règles que la production conventionnelle.

    Le processus avait été ordonné par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec. Dans un jugement rendu le 18 mars, la Cour supérieure a rejeté la contestation des Éleveurs de porcs, jugeant notamment leur intervention prématurée à cette étape du dossier.

    L’enjeu dépasse maintenant la seule production porcine. Le résultat pourrait influencer la manière dont d’autres productions spécialisées sont intégrées aux systèmes québécois de mise en marché collective.

    Comprendre les deux positions avant le référendum porcin
    Consulter le contexte judiciaire du référendum

    Ottawa investit 768,6 millions dans de nouveaux laboratoires

    Le gouvernement fédéral a attribué à PCL Construction Canada un contrat de 768,6 millions de dollars pour la construction du campus principal de science réglementaire et sciences pour la sécurité, à Ottawa.

    Le projet comprendra six installations sur le site actuel du laboratoire de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Il réunira notamment des chercheurs de l’ACIA, de Santé Canada, de l’Agence de la santé publique du Canada et de l’Agence des services frontaliers.

    Pour le secteur agricole, ces installations doivent améliorer la détection des risques émergents, la recherche réglementaire, la protection de l’approvisionnement alimentaire et la réponse aux urgences sanitaires. Elles pourront aussi soutenir les échanges commerciaux lorsque l’accès aux marchés dépend de la capacité canadienne à détecter rapidement une maladie ou à démontrer son absence.

    Les travaux préparatoires ont commencé en 2024. La fin de la construction est prévue en 2031. Le projet s’inscrit dans l’initiative Laboratoires Canada, dotée d’une enveloppe totale de 3,8 milliards de dollars.

    Lire l’annonce concernant le nouveau campus scientifique fédéral

    Les cultures québécoises progressent généralement bien

    Le dernier état des cultures offre un portrait encourageant. Le maïs et le soya progressent globalement au rythme de la moyenne des cinq dernières années et affichent une avance sur la saison difficile de 2025.

    La pollinisation serait terminée sur environ 95 % des superficies de maïs suivies, une hausse de 21 points en une semaine. Dans le soya, la floraison tire à sa fin et le remplissage des gousses est bien amorcé. Le blé d’automne est également récolté plus tôt que l’an dernier, tandis que le blé de printemps a rapidement gagné en maturité.

    Les pluies récentes ont soulagé le stress hydrique dans plusieurs secteurs. Les prochaines semaines demeurent toutefois critiques pour le remplissage des grains et la maturation.

    Les prévisions pour août appellent aussi à la prudence : la première moitié du mois devrait rester chaude et propice aux orages, avant un régime possiblement plus frais et plus sec durant la seconde moitié. Cette transition pourrait influencer autant les rendements que les fenêtres de récolte.

    Consulter l’état détaillé des cultures au Québec
    Voir les prévisions agricoles pour le reste du mois d’août

    La Semaine SécuriGrain commence aujourd’hui

    La Semaine SécuriGrain se déroule du 10 au 16 août afin de rappeler les dangers liés au grain en mouvement et aux interventions dans les silos.

    L’Association canadienne de sécurité agricole mène ce programme depuis 2017 en réponse aux décès causés par l’ensevelissement dans le grain. L’initiative comprend de la formation destinée aux producteurs et aux pompiers, des démonstrations de sauvetage et des outils permettant aux fermes d’élaborer leur propre plan d’urgence.

    Le début des récoltes est un bon moment pour réviser les procédures : verrouillage des équipements, interdiction d’entrer seul dans un silo, surveillance extérieure et préparation des services d’urgence locaux. Un sauvetage improvisé peut rapidement ajouter une seconde victime.

    Consulter les formations et ressources du programme SécuriGrain

    À surveiller

    Le déroulement et les modalités précises du référendum porcin seront à suivre, puisque son résultat pourrait établir un précédent pour les productions agricoles spécialisées.

    Sur les marchés, le rapport WASDE attendu le 12 août donnera un portrait révisé des récoltes américaines de maïs et de soya. Au Québec, l’évolution de la météo durant la seconde moitié du mois sera tout aussi importante pour confirmer le potentiel actuellement observé dans les champs.

  • Actualité agricole du 9 août 2026 : santé psychologique et rage en Montérégie

    Actualité agricole du 9 août 2026 : santé psychologique et rage en Montérégie

    L’actualité agricole est plus calme ce dimanche, mais deux dossiers québécois méritent l’attention : le lancement d’un outil numérique consacré à la santé psychologique des agriculteurs et la progression de la rage du raton laveur dans plusieurs régions agricoles, notamment en Montérégie.

    Okérico lance une application gratuite pour les agriculteurs

    L’organisme sans but lucratif Okérico vient de lancer une application mobile gratuite conçue expressément pour le milieu agricole.

    Son principal outil, appelé Ok-o-mètre, permet à l’utilisateur d’évaluer quotidiennement son humeur et d’en observer l’évolution au fil des semaines et des saisons. L’objectif est de rendre visibles des changements qui peuvent être difficiles à percevoir lorsqu’ils s’installent progressivement.

    Lorsque plusieurs mauvaises journées se succèdent, l’application peut proposer de communiquer avec une travailleuse de rang ou avec une personne proche préalablement désignée par l’utilisateur. Elle contient également un répertoire de ressources régionales et différents contenus portant notamment sur le deuil, les difficultés financières, les séparations et les habitudes de vie.

    La localisation fournie lors de l’inscription sert à présenter les ressources disponibles dans la région de l’utilisateur et à l’orienter vers la travailleuse de rang compétente pour son territoire.

    L’application est actuellement offerte en français sur les appareils Apple et Android. Des versions anglaise et espagnole sont prévues, notamment afin de rendre l’outil accessible aux travailleurs étrangers.

    Cet outil ne remplace évidemment pas une aide professionnelle. Son intérêt se trouve plutôt dans la prévention : constater qu’une période difficile s’installe et faciliter le premier contact avec une ressource adaptée au monde agricole.

    Découvrir le fonctionnement de l’application Okérico

    La rage du raton laveur progresse dans le sud du Québec

    Le gouvernement du Québec comptabilise 126 cas confirmés de rage du raton laveur depuis le 1er janvier 2026. Les cas se concentrent principalement en Estrie et en Montérégie.

    La liste gouvernementale comprend notamment plusieurs détections dans le secteur de Saint-Hyacinthe en juin. Un chat infecté a aussi été découvert à Godmanchester, en Montérégie, le 23 juillet.

    La présence de la maladie chez un animal domestique est particulièrement préoccupante pour les fermes. Les chats vivant autour des bâtiments peuvent entrer en contact avec des ratons laveurs, des mouffettes ou d’autres animaux sauvages, puis s’approcher des humains et des animaux d’élevage.

    Des associations vétérinaires demandent maintenant à Québec de rendre la vaccination préventive humaine gratuite, ou au moins plus abordable, pour les vétérinaires, les techniciens en santé animale et les producteurs particulièrement exposés.

    Le coût de la vaccination préventive peut atteindre environ 600 $ par personne. Les traitements administrés après une exposition potentielle sont couverts, mais les demandeurs soutiennent que le coût de la vaccination préalable limite son accessibilité aux personnes travaillant quotidiennement avec les animaux.

    Lire les demandes formulées par les vétérinaires et les producteurs agricoles

    Plus de 800 000 appâts vaccinaux seront distribués

    Une nouvelle opération gouvernementale de vaccination de la faune est en cours depuis le 3 août et se poursuivra jusqu’au 13 septembre 2026.

    Près de 815 000 appâts vaccinaux doivent être distribués manuellement dans 111 municipalités de l’Estrie, de la Montérégie et du Centre-du-Québec, ainsi que dans certains parcs montréalais. Le territoire couvert représente environ 5 500 km².

    Les équipes déposent les appâts autour des zones boisées, des cours d’eau, des champs, des installations agricoles et des bâtiments abandonnés. Ils ressemblent à de petits sachets vert kaki et contiennent un vaccin destiné aux ratons laveurs, aux mouffettes et aux renards.

    Le vaccin est considéré comme sécuritaire pour les humains, les animaux domestiques et l’environnement. Le gouvernement recommande néanmoins de laisser les appâts sur place et d’éviter de les toucher, puisque la manipulation humaine peut les rendre moins attirants pour les animaux ciblés.

    Si un appât se retrouve dans une récolte, dans un endroit passant ou à proximité immédiate d’animaux d’élevage, Québec recommande de porter des gants, de le placer dans un contenant étanche et de le jeter aux ordures.

    Consulter les secteurs visés et les consignes concernant les appâts vaccinaux

    À surveiller

    La réponse du gouvernement à la demande de vaccination préventive gratuite demeure à suivre. Pour les entreprises agricoles de la Montérégie et de l’Estrie, le dossier est déjà concret : la rage circule dans la faune locale et a atteint au moins un animal domestique.

    Le déploiement d’Okérico mérite également d’être observé. Son utilité dépendra moins du nombre de téléchargements que de sa capacité à amener les producteurs en difficulté vers une ressource humaine avant que la situation ne devienne critique.

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