Deux risques très différents reviennent dans le calcul des fermes canadiennes. Le premier touche immédiatement les coûts et l’approvisionnement en carburant. Le second rappelle que la migration automnale peut rapidement transformer un risque sanitaire connu en restrictions concrètes pour les élevages.
Le projet américain sur le diesel reste incertain, mais le risque canadien est réel
Donald Trump a dit appuyer l’idée de restreindre les exportations américaines de diesel afin de faire baisser les prix aux États-Unis. La proposition a suffi à inquiéter les marchés, car le carburant est déjà cher et les raffineries américaines alimentent une partie importante du marché international.
Il ne s’agit toutefois pas encore d’une décision. Le 23 septembre, la Maison-Blanche a nié préparer une interdiction de 90 jours. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a aussi affirmé qu’une interdiction générale n’était pas envisagée et que Washington discutait plutôt de mesures volontaires pour augmenter l’offre intérieure.
Pour les fermes canadiennes, l’exposition n’est pas uniforme. Les raffineries de l’Ouest pourraient atténuer une partie du choc dans les Prairies. L’Est du Canada dépend davantage des importations de produits raffinés américains, évaluées à environ 130 000 barils par jour. Une restriction, même partielle, pourrait donc resserrer l’offre et pousser les coûts du diesel à la hausse au Québec et en Ontario, en plus d’alourdir le transport des intrants, des récoltes et des aliments.
La prudence s’impose : aucune modalité, durée ou date d’entrée en vigueur n’a été annoncée. Le fait nouveau est plutôt la vulnérabilité mise en lumière. Une mesure décidée à Washington pour répondre à un problème de prix américain pourrait se transmettre rapidement aux charges d’exploitation canadiennes.
Mon point de vue : L’idée semble gagner en popularité chez les républicains, et c’est inquiétant. Nous sommes en pleine saison des récoltes alors que le diesel est déjà très cher. Une hausse causée par des restrictions aurait des répercussions importantes sur nos opérations et alimenterait fortement l’inflation.
À lire aussi : Le diesel menaçait déjà les marges agricoles à la fin d’août.
Six élevages manitobains sont maintenant sous contrôle pour la grippe aviaire
L’Agence canadienne d’inspection des aliments recensait six lieux contaminés actifs au Manitoba le 23 septembre. Le premier foyer de l’automne avait été confirmé le 10 septembre dans la municipalité rurale de De Salaberry. Cinq autres élevages commerciaux ont été ajoutés les 21 et 22 septembre, dans les municipalités de Cartier, Rockwood, Rhineland, Bifrost-Riverton et Woodlands.
Chaque lieu est placé sous quarantaine et dans une zone de contrôle primaire où les mouvements sont restreints. Le Manitoba recommande aux propriétaires de garder les oiseaux à l’intérieur lorsque c’est possible, de suspendre les rassemblements avicoles et de renforcer la biosécurité pendant la migration automnale.
Le Québec ne comptait aucun lieu contaminé actif au 23 septembre. Cette absence de foyer local ne supprime pas le risque : l’ACIA demande à tous les propriétaires d’oiseaux de surveiller les mortalités soudaines, d’éviter les contacts avec les oiseaux sauvages et de signaler rapidement les cas suspects.
Il faut aussi éviter de confondre santé animale et innocuité des aliments. L’ACIA précise que l’influenza aviaire n’est pas considérée comme un risque lié à la consommation de volaille ou d’œufs bien cuits. La souche détectée dans les bovins laitiers américains n’a par ailleurs pas été trouvée dans les troupeaux domestiques canadiens.
Sources
- Reuters, 23 septembre 2026 : la Maison-Blanche nie préparer une interdiction générale des exportations de diesel
- Farmtario : incidence possible d’une restriction américaine sur l’Est du Canada
- ACIA : état de l’intervention contre l’influenza aviaire par province
- ACIA : enquêtes et ordonnances visant les oiseaux domestiques









