Actualité agricole du 27 août 2026 : élections, diesel, légumes et miel

Tracteur ravitaillé en diesel près de ruches et de caisses de légumes

La politique québécoise et la hausse des coûts occupent une place importante dans l’actualité agricole du jour. La filière bioalimentaire réclame un engagement plus clair des partis avant les élections, tandis que le prix du diesel menace encore les marges des fermes. Deux autres dossiers pancanadiens touchent la transformation des légumes et les exportations de miel.

La filière bioalimentaire québécoise interpelle les partis

À l’approche de la campagne électorale provinciale, des représentants de l’ensemble de la chaîne bioalimentaire demandent aux partis de faire de l’agriculture, de la transformation et de l’autonomie alimentaire une priorité gouvernementale. L’Union des producteurs agricoles a présenté ce front commun avec le Conseil de la transformation alimentaire du Québec, l’AQINAC, Sollio Groupe Coopératif ainsi que des représentants des détaillants.

Selon les chiffres avancés par la coalition, les entreprises agricoles québécoises soutiennent plus de 52 500 emplois et investissent 1,6 milliard de dollars par année dans les régions. L’ensemble de la filière bioalimentaire représenterait près de 528 000 emplois et 3,8 milliards de dollars d’investissements. Les organisations demandent notamment des choix politiques capables de soutenir la production, la transformation et la commercialisation d’une plus grande quantité d’aliments québécois dans un contexte de tensions commerciales et de hausse des coûts.

Mon point de vue : Il faut absolument placer l’agriculture au cœur de cette élection. Nous nourrissons le Québec et, malgré notre poids relativement faible dans l’électorat, nos positions doivent être entendues.

Lire l’article de La Terre de chez nous

Le diesel pourrait coûter encore plus cher aux fermes

Le prix du diesel agricole demeure historiquement élevé et un analyste du Western Producer estime que le sommet pourrait ne pas encore avoir été atteint. En Saskatchewan, le diesel en vrac livré à la ferme se vendait environ 1,65 $ le litre le 20 août, après avoir dépassé 2 $ plus tôt cette année.

La pression vient moins du prix du pétrole brut que du manque de capacité mondiale de raffinage. Le transport par le détroit d’Ormuz reste limité, des raffineries russes ont été endommagées et la Russie, autrefois exportatrice de diesel, en importe maintenant. Le risque est particulièrement concret au moment des récoltes, lorsque les producteurs ne peuvent simplement pas réduire l’utilisation de la machinerie. Le conseil de l’analyste est de garder les réservoirs bien approvisionnés plutôt que d’attendre une baisse rapide.

Mon point de vue : La situation demeure tendue dans le détroit d’Ormuz et la pression reste forte sur les produits pétroliers. Il faut composer avec cette situation du mieux possible, même s’il est difficile de réduire notre consommation pendant les récoltes. Garder les réservoirs pleins est donc probablement la meilleure stratégie tant que les tensions persistent dans la région.

Lire l’analyse du Western Producer

Le Bureau de la concurrence veut bloquer l’acquisition de Green Giant

Le Bureau de la concurrence demande au Tribunal de la concurrence d’empêcher Nortera Foods d’acheter les activités canadiennes de légumes Green Giant et Le Sieur de B&G Foods. Nortera vend déjà des légumes surgelés et en conserve sous les marques Del Monte et Arctic Gardens.

Selon le Bureau, Nortera est le transformateur dominant de certains légumes surgelés et en conserve au Canada. L’opération réunirait l’entreprise et son seul grand concurrent national de marques dans un marché déjà très concentré, ce qui pourrait mener à des prix plus élevés et à moins de choix pour les détaillants et les consommateurs. La décision finale appartient au Tribunal de la concurrence.

Mon point de vue : Je suis d’accord avec le Bureau de la concurrence. Les prix des denrées alimentaires à l’épicerie augmentent plus rapidement que le reste et une saine concurrence est indispensable. Du côté agricole, il faut aussi conserver un maximum d’acheteurs. Autrement, les prix seront contrôlés par un nombre de plus en plus restreint d’entreprises, ce qui placera les producteurs en position de faiblesse.

Lire le communiqué du Bureau de la concurrence

Les apiculteurs américains disent ne pas avoir demandé les tarifs

Les États-Unis imposent depuis le 22 août un droit de 50 % sur le miel canadien, mais des représentants d’apiculteurs américains affirment ne pas avoir réclamé cette mesure. L’ancien président de l’American Honey Producers Association explique que le miel canadien représente une part trop faible de leur marché pour constituer une priorité.

En 2025, les États-Unis ont importé environ 11,8 millions de livres de miel canadien, soit seulement 2 % de leurs importations totales. Les producteurs américains se disent davantage préoccupés par les volumes provenant du Brésil, de l’Inde et de l’Argentine, ainsi que par le miel adultéré. Cette réaction affaiblit l’idée que le tarif répondrait à une demande pressante de l’industrie américaine et risque plutôt d’écarter un fournisseur canadien au moment où la récolte américaine s’annonce faible.

Mon point de vue : C’est un autre exemple de l’incompétence de l’administration Trump dans la gestion de ses affaires commerciales. Elle agit en intimidateur pour imposer sa volonté plutôt que de chercher une solution gagnant-gagnant.

À lire aussi : Carney s’attaque au lait américain, sur les contre-mesures canadiennes dans cette guerre commerciale.

Lire l’article du Western Producer

Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *