Trois dossiers ont surtout retenu mon attention cette semaine : les propositions agricoles des partis québécois, l’escalade commerciale qui touche directement le secteur laitier et le coût du crédit agricole. Trois sujets très différents, mais qui ont un point commun : ils peuvent tous influencer directement les décisions prises à la ferme.
Les partis québécois détaillent leurs engagements agricoles
La campagne électorale a franchi une étape importante cette semaine. Plusieurs partis sont passés des déclarations générales aux engagements chiffrés. Le Parti libéral du Québec a annoncé 560 M$ sur quatre ans, le Parti québécois un minimum de 450 M$ sur quatre ans, Québec solidaire 210 M$ supplémentaires par année au MAPAQ ainsi qu’un fonds climatique de 500 M$, tandis que la CAQ a présenté 56 M$ pour la relève et des mesures de simplification administrative.
L’intérêt ne consiste toutefois pas simplement à comparer les montants. Ce qui compte réellement, c’est de savoir quelles mesures peuvent changer quelque chose pour les fermes : accès au financement, relève, protection des terres, achats locaux, soutien du revenu ou réduction de la paperasse.
J’ai regroupé mes analyses dans la page consacrée aux propositions agricoles des partis aux élections québécoises de 2026, qui continuera d’être mise à jour à mesure que de nouveaux engagements seront annoncés.
Voir l’annonce agricole du Parti libéral du Québec et celle du Parti québécois.
Les tensions commerciales touchent directement le secteur laitier
Les contre-tarifs canadiens sont entrés en vigueur le 8 septembre sur 27,6 G$ d’importations américaines, notamment des produits laitiers et certains équipements agricoles. Le même jour, les États-Unis ont annoncé que certains produits laitiers canadiens seront exclus du marché américain à compter du 29 septembre, tandis que d’autres demeurent frappés de droits supplémentaires.
Le dossier est donc passé cette semaine des menaces et annonces politiques à des mesures concrètes qui touchent directement le commerce laitier et certains coûts d’équipement.
Pour l’instant, je préfère toutefois rester prudent. J’ignore encore quelles seront les conséquences réelles de ces mesures sur notre production. Les annonces sont importantes, mais il faudra voir comment elles se traduiront concrètement pour les producteurs avant de tirer des conclusions.
Consulter la liste fédérale des produits américains visés par les contre-tarifs et l’annonce américaine concernant certains produits laitiers canadiens.
Le coût du crédit agricole reste sous pression
Financement agricole Canada souligne que la hausse persistante des rendements obligataires peut limiter l’effet d’une politique monétaire plus accommodante. Pour les fermes, cela signifie que le coût réel du financement peut demeurer élevé même si le taux directeur n’augmente pas.
C’est un enjeu très concret. Une variation de quelques points sur le coût du financement peut changer complètement la rentabilité d’une nouvelle étable, d’un robot, de l’achat d’une terre ou d’un refinancement important.
La suite est difficile à prévoir. Dans un contexte où les tarifs imposés par le Canada et les États-Unis risquent eux-mêmes d’alimenter l’inflation, on pourrait normalement s’attendre à une pression haussière sur les taux. À l’inverse, la Banque du Canada pourrait aussi vouloir soutenir l’économie et favoriser l’investissement si l’activité ralentit. Entre inflation et besoin de stimuler l’économie, la direction que prendront réellement les coûts d’emprunt agricoles reste donc à suivre.
Lire l’analyse de Financement agricole Canada sur les tarifs et les rendements obligataires.
Ce qu’il faut retenir
Cette semaine n’a pas été dominée par une seule grande nouvelle agricole, mais par trois sources d’incertitude qui peuvent peser sur les décisions des producteurs. Les partis proposent maintenant des mesures plus concrètes, mais il faudra encore juger leur portée réelle. La guerre commerciale commence à toucher directement le secteur laitier, sans qu’on sache encore jusqu’où iront les conséquences. Et le financement demeure coûteux au moment même où plusieurs fermes auraient besoin d’investir pour gagner en productivité.
Autrement dit, les prochains mois risquent de demander autant de prudence dans les décisions financières que d’attention aux décisions politiques.

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