Cécidomyie du blé, tache goudronneuse et mildiou sous surveillance

Cécidomyie orangée posée sur un épi de blé dans un champ

Trois signaux phytosanitaires méritent l’attention en ce début de semaine. La cécidomyie orangée du blé a été observée de façon inhabituelle dans des champs du Québec et de l’Ontario. Le Réseau d’avertissements phytosanitaires rapporte aussi de nouveaux cas de tache goudronneuse du maïs et un premier cas très probable de mildiou dans une culture de tomate en Montérégie-Ouest.

Ces constats n’ont pas tous la même gravité. La tache goudronneuse apparaît assez tard pour ne généralement pas menacer le rendement cette année, tandis que le cas de mildiou n’est pas encore confirmé en laboratoire. Ils ont néanmoins une valeur immédiate pour le dépistage et la planification des prochaines interventions.

La cécidomyie du blé apparaît dans des régions inhabituelles

La cécidomyie orangée du blé, surtout associée aux Prairies, a été trouvée cette saison dans du blé d’automne du sud-centre, du centre et de l’est de l’Ontario, ainsi que dans des champs québécois. Selon Farmtario, le CÉROM a reçu des signalements provenant de différentes régions du Québec. L’étendue exacte du phénomène et les pertes éventuelles restent toutefois à mesurer.

Les conditions de 2026 pourraient avoir favorisé l’insecte. Une couverture de neige prolongée sur un sol non gelé aurait protégé les larves durant l’hiver. Au printemps, les pluies et la coïncidence entre l’émergence des adultes, les nuits chaudes et la floraison du blé auraient ensuite créé une fenêtre favorable à la ponte.

Les larves s’alimentent sur les grains en formation. Une attaque peut produire des épis partiellement vides, des grains ratatinés ou une mort prématurée de l’épi, avec des conséquences possibles sur le rendement et le classement. La prudence s’impose néanmoins : une détection ne signifie pas que tous les champs sont touchés ni que des pertes importantes ont déjà été établies au Québec.

Le développement mérite d’être suivi parce que les moyens de lutte sont limités dans le blé d’automne de l’Est. Il n’existe pas de variété canadienne de blé d’automne résistante à la cécidomyie et le moment d’une intervention insecticide doit coïncider avec la présence des adultes. Les spécialistes souhaitent maintenant étendre le piégeage et la surveillance au Québec et dans le centre et l’est du Canada.

Lire le compte rendu de Farmtario publié le 14 septembre.

Huit signalements de tache goudronneuse du maïs en 2026

Deux nouveaux cas de tache goudronneuse du maïs ont été confirmés la semaine dernière, l’un dans la MRC de Drummond et l’autre dans la MRC des Maskoutains. Cela porte à huit le nombre de cas signalés au RAP Grandes cultures au Québec cette année.

Cette maladie fongique produit sur les feuilles des taches noires qui ressemblent à des éclaboussures de goudron et réduit la surface utile à la photosynthèse. Le moment de l’apparition change toutefois beaucoup le risque. Dans les cas actuels, les symptômes sont apparus tardivement et le RAP indique qu’ils ne devraient généralement pas réduire le rendement du maïs-grain ni justifier un traitement fongicide maintenant.

Le dépistage demeure utile pour cartographier les champs atteints et préparer les prochaines saisons. Le RAP recommande notamment de surveiller les champs à partir de la sortie des panicules, d’intégrer la rotation avec une culture non hôte, de favoriser la dégradation des résidus infectés lorsque cette pratique convient à l’entreprise et de privilégier des hybrides tolérants. Les observations peuvent être transmises au CÉROM avec la municipalité, la date et des photos.

Consulter l’avertissement du RAP Grandes cultures du 11 septembre.

Un premier cas très probable de mildiou dans la tomate

Un cas de mildiou a été jugé très probable dans une culture de tomate de la MRC du Haut-Saint-Laurent, en Montérégie-Ouest, le 11 septembre. Le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ doit encore le confirmer. Des mesures de contrôle ont déjà été appliquées dans le champ concerné.

Le signal est important pour les producteurs de tomates et de pommes de terre, car le même organisme, Phytophthora infestans, peut se propager rapidement lorsque le feuillage demeure mouillé, que l’humidité dépasse 90 % et que les températures restent modérées. Le RAP recommande un dépistage resserré, particulièrement dans les zones mal drainées, compactées ou moins aérées.

Lorsqu’un foyer est découvert, les champs atteints doivent être visités en dernier, les outils et la machinerie doivent être nettoyés et les végétaux infectés doivent être détruits rapidement afin de limiter la propagation. Les producteurs voisins de pommes de terre, de tomates, de poivrons ou d’aubergines devraient aussi être avertis. Aucun fongicide ne peut éradiquer une infection déjà établie, mais une stratégie appropriée peut limiter la sporulation et la propagation.

Lire l’alerte du RAP Solanacées du 11 septembre.

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