Dans un champ, un ciel comme celui-là ne sert pas simplement de décor. Il devient un chronomètre.
Aujourd’hui, nous devions presser la paille d’orge sur une superficie d’environ 40 arpents. L’orge avait été battue vendredi dernier, mais elle avait servi de plante de couverture pour un semis de luzerne. Il fallait donc laisser la paille sécher quelques jours avant de pouvoir la presser.
La fenêtre était enfin ouverte. Il ne restait plus qu’à espérer qu’elle le demeure assez longtemps.

De la paille pour les taures
Nous estimions la récolte à environ 1 400 petites balles. Cette paille servira de litière aux taures gardées dans l’étable du village.
Le John Deere 7210 était attelé à la presse New Holland 575. De mon côté, je circulais au volant du White 6510. Passage après passage, la presse ramassait les andains et projetait les balles dans le wagon.

À mesure que celui-ci se remplissait, le ciel devenait toutefois de plus en plus menaçant. Les éclaircies visibles au début du chantier ont progressivement laissé place à de gros nuages sombres. Nous savions que l’orage approchait, sans savoir exactement combien de temps il nous restait.
Chaque chargement mis à l’abri devenait alors une petite victoire.
La pluie a eu le dernier mot
Nous n’avons finalement pas réussi à terminer complètement les 40 arpents. La pluie a commencé et nous avons dû arrêter le pressage.

La majorité de la paille a heureusement pu être ramassée, mais il reste au champ l’équivalent d’environ 200 à 300 balles. Il faudra maintenant attendre une nouvelle période de beau temps, laisser sécher la paille et revenir terminer le travail.
C’est une situation bien ordinaire en agriculture. On peut préparer la machinerie, organiser le chantier et surveiller les prévisions, mais la météo conserve toujours le dernier mot.
Aujourd’hui, elle nous aura laissé rentrer l’essentiel avant de refermer la fenêtre.

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