La revue agricole du 12 août met l’accent sur quatre dossiers nouveaux : une tempête qui frappe des vergers de la Montérégie, un investissement majeur dans la transformation laitière, une consultation nationale sur le bien-être des moutons et un transfert d’expertise dans la production de haricots frais.
Une tempête endommage une vingtaine de vergers en Montérégie
Une violente cellule de vent, de pluie et de grêle a frappé Franklin et Rockburn dans la soirée du 10 août. Une vingtaine de pomiculteurs ont signalé des dommages, allant de fruits perforés à des arbres déracinés.
Chez le producteur Mario Bourdeau, environ 16 hectares ont été touchés, soit 60 % de ses superficies. Une partie importante des pommes pourrait devoir être dirigée vers la transformation plutôt que vers le marché frais, avec une valeur beaucoup plus faible. Dans les secteurs les plus atteints, des pertes totales pour la saison sont envisagées.
La tempête arrive au pire moment, alors que la récolte de Paulared, première variété d’automne, était sur le point de commencer. L’évaluation complète des pertes prendra encore quelques jours.
Lire le reportage sur les dommages dans les vergers de Franklin
Gay Lea investit 200 millions dans la transformation laitière
Gay Lea Foods prévoit investir 200 millions de dollars pour agrandir considérablement son usine de Clayson Road, à Toronto. Le projet répond à la forte progression de la demande pour le fromage cottage et les produits laitiers riches en protéines.
L’agrandissement doit être achevé en 2028 et pourrait créer jusqu’à 75 emplois. Il ajoutera de nouvelles technologies de transformation et augmentera la capacité de production de la coopérative, qui appartient à des producteurs laitiers canadiens.
Pour le secteur laitier, l’investissement est un signal important. La croissance ne vient pas seulement du volume de lait consommé, mais aussi de la capacité des transformateurs à suivre rapidement de nouvelles habitudes alimentaires. La recherche d’aliments abordables et riches en protéines ouvre ici un marché concret pour les solides du lait canadien.
Consulter les détails de l’investissement de Gay Lea Foods
Le projet de Code de pratiques pour les moutons est en consultation
Le Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage a ouvert la consultation publique sur la nouvelle version du Code de pratiques pour le soin et la manipulation des moutons.
Les producteurs, vétérinaires, consommateurs et autres personnes intéressées peuvent transmettre leurs commentaires en ligne jusqu’au 9 octobre 2026. Le comité responsable examinera ensuite les observations reçues avant la publication du Code final en 2027.
Ces codes établissent les exigences et les pratiques recommandées qui servent de référence nationale en matière de bien-être animal. Le projet a été préparé par un comité de 14 personnes et appuyé par un rapport scientifique évalué par les pairs.
Consulter le projet de Code et participer à la consultation sur les moutons
La relève des haricots frais passe aussi par le mentorat
Stéphane Gosselin, important producteur de haricots frais de l’île d’Orléans, a vendu ses parts de l’entreprise qu’il avait cofondée en 1994. Il accompagne maintenant les nouveaux copropriétaires, les Fermes J.C. Prémont, pendant leur première saison dans cette production spécialisée.
Le principal défi n’est pas seulement de faire pousser les haricots. Il faut prévoir le volume récoltable environ trois semaines à l’avance afin de l’arrimer aux promotions des grandes chaînes. Cette compétence exige des visites fréquentes des champs et une lecture fine de la météo et du développement des plants.
Ce transfert illustre un enjeu souvent sous-estimé de la relève agricole : les actifs peuvent être vendus, mais une partie essentielle de la valeur de l’entreprise repose sur un savoir tacite qui s’apprend difficilement dans un manuel.
Lire le portrait du transfert d’expertise en production de haricots
À surveiller
L’ampleur finale des pertes dans les vergers de Franklin sera à préciser, tout comme les effets sur la qualité et les volumes de pommes destinés au marché frais. Dans le lait, l’investissement de Gay Lea confirme que la demande pour les protéines influence désormais directement les choix industriels. Les producteurs ovins ont pour leur part jusqu’au 9 octobre pour commenter des règles qui orienteront leurs pratiques pendant plusieurs années.

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