Catégorie : Revue de presse

  • Bilan agricole de la semaine : lait américain, concurrence et vente locale

    Bilan agricole de la semaine : lait américain, concurrence et vente locale

    Cette semaine, quatre dossiers méritent surtout d’être retenus. Ils touchent tous, d’une façon ou d’une autre, au rapport de force des producteurs : face aux importations, aux transformateurs, à la réglementation et au politique.

    Le lait américain entre dans la riposte commerciale canadienne

    Ottawa a annoncé le 25 août de nouvelles contre-mesures visant 27,6 milliards de dollars d’importations américaines, applicables à compter du 8 septembre. Certains produits laitiers américains seront surtaxés, y compris des produits qui entrent au Canada à l’intérieur des contingents tarifaires. Pour certaines poudres de lait, les droits annoncés atteignent 50 %.

    Sur papier, la mesure est importante parce qu’elle touche directement un secteur que Washington attaque régulièrement dans ses critiques de la gestion de l’offre. Dans les faits, son effet pourrait être plus limité.

    Comme les États-Unis ne remplissent déjà pas toute leur allocation dans les contingents, je m’attends à une différence assez mineure sur les volumes. Il pourrait toutefois y avoir des prix plus élevés pour certains produits pendant un temps, jusqu’à ce que les producteurs locaux puissent combler le manque. Le résultat réel reste donc à voir avec le temps.

    J’avais déjà détaillé cette mesure dans mon analyse sur les contre-mesures visant le lait américain.

    Consulter la liste officielle des contre-mesures du gouvernement du Canada

    Nortera : préserver la concurrence, aussi pour les producteurs

    Le Bureau de la concurrence veut bloquer l’acquisition par Nortera des activités canadiennes de Green Giant et Le Sieur. Selon le Bureau, le marché des légumes transformés est déjà fortement concentré et la transaction pourrait réduire la concurrence et faire augmenter les prix. Nortera soutient de son côté que l’acquisition renforcerait la production et la transformation canadiennes.

    Je suis d’accord avec le Bureau de la concurrence. Les prix des denrées alimentaires à l’épicerie augmentent plus vite que le reste et une saine compétition est indispensable. Du côté agricole aussi, il faut conserver un maximum d’acheteurs. Sinon, les prix risquent d’être contrôlés par un nombre de plus en plus restreint d’acheteurs, ce qui placerait les producteurs en position de faiblesse.

    Lire le document du Bureau de la concurrence

    Abattage de proximité : un changement très concret

    Depuis le 29 août, des modifications au Règlement sur les aliments du Québec facilitent la commercialisation par un producteur agricole de viandes provenant de ses propres animaux abattus dans un abattoir de proximité. Certaines dispositions issues du projet pilote sur l’abattage de poulets à la ferme deviennent aussi permanentes.

    C’est une nouvelle positive. En facilitant davantage la vente locale, ces changements peuvent contribuer à stimuler l’économie de proximité et permettre aux producteurs qui choisissent ce modèle d’aller chercher un peu plus de revenus directement de leur production.

    Le sujet avait déjà été expliqué dans la revue agricole du 24 août.

    Consulter la stratégie québécoise pour l’agriculture de proximité

    L’agriculture veut sa place dans la campagne électorale

    À la veille de la campagne électorale québécoise, plusieurs organisations du secteur bioalimentaire ont demandé aux partis de faire de l’agriculture et du bioalimentaire une priorité économique et stratégique. Elles invoquent notamment les coûts de production, la main-d’œuvre, la réglementation, la compétitivité et l’instabilité commerciale avec les États-Unis.

    Il faut absolument placer l’agriculture au cœur de cette élection. Nos positions doivent être entendues.

    Lire le communiqué du secteur bioalimentaire

    Ce qu’il faut retenir

    Le fil conducteur de la semaine est assez clair : les producteurs ont besoin d’un environnement où ils ne sont pas constamment placés en position de faiblesse. Cela passe par des règles commerciales qui protègent réellement notre capacité de produire, par un nombre suffisant d’acheteurs et de transformateurs, par des possibilités de mise en marché locale et par une agriculture qui compte réellement dans les choix politiques. Ce sont quatre dossiers différents, mais ils parlent tous, au fond, de la même chose : garder du pouvoir économique sur nos fermes.

  • Actualité agricole du 28 août 2026 : soya et innovation

    Actualité agricole du 28 août 2026 : soya et innovation

    Les nouvelles agricoles du jour portent sur la recherche et les investissements qui pourraient améliorer la productivité des fermes. Des chercheurs cherchent à mieux diagnostiquer les carences discrètes du soya, tandis qu’Ottawa renouvelle son soutien au réseau canadien d’automatisation et d’intelligence agricole.

    Des carences invisibles peuvent limiter le rendement du soya

    Des chercheurs de l’Université de Guelph travaillent à établir des seuils critiques dans les analyses foliaires pour le bore, le fer, le manganèse et le zinc. Leur objectif à long terme est de développer un outil utilisant l’intelligence artificielle pour détecter certaines carences avant qu’elles deviennent visibles à l’œil.

    Les premiers travaux montrent que des déficiences ou même des toxicités peuvent réduire la croissance sans provoquer de symptômes évidents. Le chercheur Hugh Earl recommande donc de confirmer le problème par une analyse des tissus et de conserver une bande témoin lorsqu’un correctif est appliqué. L’application préventive de micronutriments sans diagnostic peut coûter inutilement et, dans certains cas, provoquer elle-même une toxicité.

    L’équipe étudie aussi l’effet de la sécheresse sur la fixation biologique de l’azote. Dans ses essais, une bonne nodulation a amélioré le rendement du soya en sol pauvre en azote, autant avec une alimentation normale en eau qu’en situation de sécheresse sévère. Les recherches se poursuivent toutefois avant de pouvoir transformer ces observations en recommandations commerciales générales.

    Lire l’article de Farmtario

    Ottawa renouvelle 50 M$ pour accélérer les technologies agricoles

    Le gouvernement fédéral accorde 50 millions de dollars supplémentaires au Réseau canadien d’automatisation et d’intelligence agroalimentaire, connu sous l’acronyme CAAIN. L’organisme utilisera cette enveloppe pour soutenir de nouveaux projets, élargir son réseau de fermes intelligentes et maintenir ses activités.

    Créé en 2019, CAAIN finance le développement et l’adoption d’innovations susceptibles d’améliorer la productivité, la rentabilité ou la durabilité des entreprises agricoles. Le réseau affirme avoir investi 36 M$ dans 51 projets, soutenu 885 emplois et contribué à la création de plus de 100 actifs de propriété intellectuelle. Les projets appuyés auraient ensuite attiré plus de 500 M$ en investissements privés.

    Une trentaine de projets ont terminé leur cycle de financement et certains produits ont déjà atteint le marché. Parmi les travaux soutenus figure un projet québécois utilisant l’intelligence artificielle pour améliorer le bien-être et la productivité dans les bâtiments porcins. La valeur de cette nouvelle enveloppe dépendra maintenant de sa capacité à faire passer d’autres technologies du stade expérimental à une utilisation réellement accessible dans les fermes.

    Mon point de vue : Cet investissement est important. Il renforcera la capacité d’innovation du pays et aidera notre secteur agricole à devenir plus compétitif.

    Lire l’article de Farmtario

  • Actualité agricole du 27 août 2026 : élections, diesel, légumes et miel

    Actualité agricole du 27 août 2026 : élections, diesel, légumes et miel

    La politique québécoise et la hausse des coûts occupent une place importante dans l’actualité agricole du jour. La filière bioalimentaire réclame un engagement plus clair des partis avant les élections, tandis que le prix du diesel menace encore les marges des fermes. Deux autres dossiers pancanadiens touchent la transformation des légumes et les exportations de miel.

    La filière bioalimentaire québécoise interpelle les partis

    À l’approche de la campagne électorale provinciale, des représentants de l’ensemble de la chaîne bioalimentaire demandent aux partis de faire de l’agriculture, de la transformation et de l’autonomie alimentaire une priorité gouvernementale. L’Union des producteurs agricoles a présenté ce front commun avec le Conseil de la transformation alimentaire du Québec, l’AQINAC, Sollio Groupe Coopératif ainsi que des représentants des détaillants.

    Selon les chiffres avancés par la coalition, les entreprises agricoles québécoises soutiennent plus de 52 500 emplois et investissent 1,6 milliard de dollars par année dans les régions. L’ensemble de la filière bioalimentaire représenterait près de 528 000 emplois et 3,8 milliards de dollars d’investissements. Les organisations demandent notamment des choix politiques capables de soutenir la production, la transformation et la commercialisation d’une plus grande quantité d’aliments québécois dans un contexte de tensions commerciales et de hausse des coûts.

    Mon point de vue : Il faut absolument placer l’agriculture au cœur de cette élection. Nous nourrissons le Québec et, malgré notre poids relativement faible dans l’électorat, nos positions doivent être entendues.

    Lire l’article de La Terre de chez nous

    Le diesel pourrait coûter encore plus cher aux fermes

    Le prix du diesel agricole demeure historiquement élevé et un analyste du Western Producer estime que le sommet pourrait ne pas encore avoir été atteint. En Saskatchewan, le diesel en vrac livré à la ferme se vendait environ 1,65 $ le litre le 20 août, après avoir dépassé 2 $ plus tôt cette année.

    La pression vient moins du prix du pétrole brut que du manque de capacité mondiale de raffinage. Le transport par le détroit d’Ormuz reste limité, des raffineries russes ont été endommagées et la Russie, autrefois exportatrice de diesel, en importe maintenant. Le risque est particulièrement concret au moment des récoltes, lorsque les producteurs ne peuvent simplement pas réduire l’utilisation de la machinerie. Le conseil de l’analyste est de garder les réservoirs bien approvisionnés plutôt que d’attendre une baisse rapide.

    Mon point de vue : La situation demeure tendue dans le détroit d’Ormuz et la pression reste forte sur les produits pétroliers. Il faut composer avec cette situation du mieux possible, même s’il est difficile de réduire notre consommation pendant les récoltes. Garder les réservoirs pleins est donc probablement la meilleure stratégie tant que les tensions persistent dans la région.

    Lire l’analyse du Western Producer

    Le Bureau de la concurrence veut bloquer l’acquisition de Green Giant

    Le Bureau de la concurrence demande au Tribunal de la concurrence d’empêcher Nortera Foods d’acheter les activités canadiennes de légumes Green Giant et Le Sieur de B&G Foods. Nortera vend déjà des légumes surgelés et en conserve sous les marques Del Monte et Arctic Gardens.

    Selon le Bureau, Nortera est le transformateur dominant de certains légumes surgelés et en conserve au Canada. L’opération réunirait l’entreprise et son seul grand concurrent national de marques dans un marché déjà très concentré, ce qui pourrait mener à des prix plus élevés et à moins de choix pour les détaillants et les consommateurs. La décision finale appartient au Tribunal de la concurrence.

    Mon point de vue : Je suis d’accord avec le Bureau de la concurrence. Les prix des denrées alimentaires à l’épicerie augmentent plus rapidement que le reste et une saine concurrence est indispensable. Du côté agricole, il faut aussi conserver un maximum d’acheteurs. Autrement, les prix seront contrôlés par un nombre de plus en plus restreint d’entreprises, ce qui placera les producteurs en position de faiblesse.

    Lire le communiqué du Bureau de la concurrence

    Les apiculteurs américains disent ne pas avoir demandé les tarifs

    Les États-Unis imposent depuis le 22 août un droit de 50 % sur le miel canadien, mais des représentants d’apiculteurs américains affirment ne pas avoir réclamé cette mesure. L’ancien président de l’American Honey Producers Association explique que le miel canadien représente une part trop faible de leur marché pour constituer une priorité.

    En 2025, les États-Unis ont importé environ 11,8 millions de livres de miel canadien, soit seulement 2 % de leurs importations totales. Les producteurs américains se disent davantage préoccupés par les volumes provenant du Brésil, de l’Inde et de l’Argentine, ainsi que par le miel adultéré. Cette réaction affaiblit l’idée que le tarif répondrait à une demande pressante de l’industrie américaine et risque plutôt d’écarter un fournisseur canadien au moment où la récolte américaine s’annonce faible.

    Mon point de vue : C’est un autre exemple de l’incompétence de l’administration Trump dans la gestion de ses affaires commerciales. Elle agit en intimidateur pour imposer sa volonté plutôt que de chercher une solution gagnant-gagnant.

    À lire aussi : Carney s’attaque au lait américain, sur les contre-mesures canadiennes dans cette guerre commerciale.

    Lire l’article du Western Producer

  • Actualité agricole du 26 août 2026 : machinerie, maïs et acériculteurs

    Actualité agricole du 26 août 2026 : machinerie, maïs et acériculteurs

    Trois dossiers retiennent l’attention dans l’actualité agricole aujourd’hui. Les contre-tarifs canadiens épargnent finalement la plupart des machines agricoles complètes, un maïs à courte stature suscite déjà beaucoup de curiosité et les acériculteurs québécois obtiennent gain de cause dans un important litige financier.

    La plupart des machines agricoles échappent aux contre-tarifs

    Le gouvernement canadien a annoncé des contre-tarifs visant 27,6 milliards de dollars d’importations américaines à compter du 8 septembre. Malgré les premières références générales à l’équipement agricole, l’examen détaillé de la liste montre que la plupart des machines complètes n’y figurent pas.

    Les mesures semblent surtout toucher certaines pièces de moissonneuses-batteuses, des tables vendues séparément, des pièces de presses à balles, certains équipements de fauche ainsi que quelques remorques et convoyeurs. Cette précision réduit le risque d’une hausse généralisée du prix des tracteurs et de la machinerie américaine, tout en laissant certains achats et pièces de remplacement exposés.

    Mon point de vue

    C’est une bonne nouvelle dans l’ensemble. Mais à l’approche de la saison du battage du maïs, l’effet sur certaines pièces pourrait tout de même devenir un problème pour les agriculteurs canadiens. Quand vient le temps de récolter, il est impossible de retarder la réparation d’une moissonneuse-batteuse. Chaque journée compte.

    Lire l’analyse détaillée de RealAgriculture
    Consulter la liste officielle des produits visés

    Le maïs à courte stature se rapproche du marché canadien

    Bayer poursuit le développement canadien de son maïs Preceon, dont les plants atteignent environ sept pieds plutôt que plus de dix pieds pour un hybride ordinaire. Cette architecture pourrait permettre des peuplements plus denses, réduire la quantité de matière à faire passer dans la batteuse et faciliter les applications tardives d’engrais ou de fongicides avec un pulvérisateur terrestre.

    Le caractère actuellement vendu aux États-Unis est transgénique, mais Bayer prévoit commercialiser au Canada une version issue d’un caractère naturel intégré par sélection végétale. L’entreprise n’a donné aucun échéancier et affirme vouloir attendre que les hybrides puissent offrir des rendements de premier plan avant leur lancement.

    Mon point de vue

    Je suis très curieux de voir ce maïs. Sa petite taille devrait le rendre moins vulnérable aux tempêtes et donc à la verse. Si l’augmentation de la population permet réellement d’améliorer le rendement, ce serait génial. Je me demande aussi si une plante moins haute pourrait être moins gourmande en nutriments.

    Je m’attends moins à voir rapidement un hybride de ce type en maïs-ensilage, puisque l’objectif est aussi d’aller chercher du volume. Ce serait toutefois intéressant si une population plus élevée permettait d’obtenir un volume comparable, mais avec une proportion de grains plus importante.

    Lire l’article de Farmtario

    Desjardins et EDC devront verser 2,7 M$ aux acériculteurs

    La Cour supérieure a condamné Exportation et développement Canada et la Caisse Desjardins de l’Anse de La Pocatière à verser conjointement 2,73 millions de dollars aux Producteurs et productrices acéricoles du Québec. Selon le jugement, les deux institutions ont manqué à leur obligation de bonne foi en ne révélant pas que la garantie protégeant les PPAQ ne serait pas renouvelée.

    L’affaire remonte aux difficultés financières des Érablières des Alleghanys. Les PPAQ croyaient leurs ventes de sirop protégées par une garantie de 3 millions de dollars, mais ont appris trop tard qu’elle avait expiré. Lorsque l’entreprise a finalement fait faillite, elle avait utilisé tout le sirop en consignation sans le payer et devait encore environ 2,7 millions de dollars aux producteurs.

    Le dossier comporte plusieurs étapes et responsabilités croisées. Pour bien comprendre comment les producteurs se sont retrouvés sans garantie alors que leur sirop continuait d’être utilisé, je vous invite à lire l’article complet de Martin Ménard dans La Terre de chez nous.

  • Actualité agricole du 24 août 2026 : bovins, récoltes et abattage de proximité

    Actualité agricole du 24 août 2026 : bovins, récoltes et abattage de proximité

    Trois nouvelles retiennent l’attention aujourd’hui : le cheptel bovin canadien repart à la hausse, les récoltes de maïs et de soya s’annoncent bonnes au Québec et les nouvelles règles québécoises sur l’abattage de proximité entreront en vigueur cette semaine.

    Le cheptel bovin canadien remonte après plusieurs années de contraction

    Selon les estimations publiées le 24 août par Statistique Canada, les fermes canadiennes détenaient 12,1 millions de bovins et de veaux au 1er juillet 2026, une hausse de 3,2 % sur un an. Les prix des bovins d’engraissement, des bovins d’abattage et des veaux avaient atteint des sommets records durant la première moitié de l’année.

    Le même portrait fait état de 14,0 millions de porcs, en hausse de 0,6 % par rapport au 1er juillet 2025. Le cheptel reproducteur ovin a progressé de 0,3 % pour atteindre 629 500 têtes.

    Mon point de vue : c’est une belle remontée du cheptel bovin canadien. Si les prix du bœuf se maintiennent après la période de 90 jours pendant laquelle les États-Unis vont assouplir leurs importations de bœuf haché, cette hausse pourrait placer les producteurs canadiens dans une position avantageuse. Reste à voir si cette fenêtre temporaire aura un effet durable sur les prix ou si le marché demeurera suffisamment serré pour soutenir cette reprise.

    Ce contexte rejoint directement mon analyse publiée ce matin sur les 300 000 tonnes de bœuf que les États-Unis veulent faire entrer en 90 jours.

    Consulter les estimations du bétail de Statistique Canada

    Une très bonne récolte de maïs et de soya se dessine au Québec

    À l’approche des récoltes, plusieurs conseillers en grandes cultures interrogés par La Terre de chez nous prévoient une bonne, voire très bonne, récolte de maïs et de soya dans plusieurs régions du Québec. Le potentiel de rendement est généralement jugé légèrement supérieur à la moyenne, malgré certaines variations régionales et quelques enjeux comme la sécheresse localisée et la sclérotiniose.

    Mon point de vue : c’est toujours une bonne nouvelle quand on nous annonce de bonnes récoltes. Reste maintenant à voir ce qu’elles seront dans le reste de l’Amérique du Nord et, surtout, si les prix seront au rendez-vous. De bons rendements ne garantissent pas à eux seuls une bonne année si une récolte abondante à l’échelle nord-américaine vient exercer une pression sur les marchés.

    Lire l’article de La Terre de chez nous

    Abattage de proximité : les nouvelles règles entrent en vigueur cette semaine

    Les modifications québécoises au Règlement sur les aliments entreront en vigueur le 29 août. Le sujet avait déjà été expliqué en détail dans la revue agricole du 15 août. Parmi les changements, les producteurs pourront plus facilement commercialiser au détail des viandes provenant de leurs propres animaux abattus dans un abattoir de proximité, sous réserve des permis et obligations applicables. Des assouplissements touchent aussi l’aménagement des systèmes de traite robotisés.

    Mon point de vue : c’est une nouvelle positive. En facilitant davantage la vente locale, ces changements peuvent contribuer à stimuler l’économie de proximité et permettre aux producteurs qui choisissent ce modèle d’aller chercher un peu plus de revenus directement de leur production.

    Consulter la stratégie québécoise pour l’agriculture de proximité

  • Bilan agricole de la semaine du 16 au 22 août 2026

    Bilan agricole de la semaine du 16 au 22 août 2026

    Trois dossiers ressortent de la semaine agricole du 16 au 22 août : l’échec des négociations commerciales avec les États-Unis, le resserrement de la capacité d’abattage bovin en Amérique du Nord et la question de la rentabilité des fermes verticales. Le point commun est assez simple : derrière les annonces, ce sont surtout leurs conséquences concrètes pour les producteurs qu’il faut regarder.

    Négociations Canada–États-Unis : les producteurs laitiers n’ont pas été sacrifiés

    La semaine a été dominée par l’évolution rapide du conflit commercial avec les États-Unis : menace tarifaire, sursis, négociations de dernière minute, puis échec des discussions et entrée en vigueur de droits de 50 %. Le lait et l’accès au marché canadien ont fait partie des points de friction, sans qu’une nouvelle concession canadienne sur la gestion de l’offre soit confirmée. J’y suis revenu plus longuement dans mon texte sur l’échec des négociations.

    Les producteurs laitiers ont été très inquiets de ce qui pourrait sortir de ces négociations. Le résultat final est décevant pour le Canada, mais il aura au moins permis de constater que Mark Carney n’a pas sacrifié le secteur laitier en échange d’un avantage commercial que Donald Trump aurait pu reprendre quelques semaines plus tard. Pour les producteurs sous gestion de l’offre, c’est un élément important à retenir de cette semaine mouvementée.

    Abattage bovin : moins de capacité, surtout un risque pour les vaches de réforme

    La capacité d’abattage bovin s’est resserrée cette semaine en Amérique du Nord. Une usine Tyson en Illinois a fermé immédiatement, l’usine de Pasco dans l’État de Washington a été mise en vente et une installation de Pennsylvanie a cessé l’abattage. Cette dernière était notamment utilisée par des producteurs ontariens. La revue du 20 août revenait sur cette réduction de capacité.

    Selon Canfax, l’abattage hebdomadaire de bovins engraissés aux États-Unis est passé d’environ 510 000 têtes en 2022 à 440 000 en 2026. La baisse du cheptel avait laissé certaines usines sous-utilisées, mais les fermetures réduisent maintenant le nombre de débouchés disponibles et peuvent déplacer davantage de pouvoir vers les transformateurs.

    J’anticipe un effet relativement faible sur les jeunes veaux vendus à l’encan, puisque les conditions auront le temps de se stabiliser d’ici leur abattage. L’impact pourrait être plus immédiat du côté des vaches de réforme, qui entrent beaucoup plus rapidement dans la chaîne d’abattage et dont la valeur est directement liée au marché du boeuf de transformation.

    Le contexte américain ajoute une autre pression. Donald Trump a annoncé cette semaine un assouplissement temporaire permettant jusqu’à 300 000 tonnes métriques de boeuf haché importé à droits réduits sur 90 jours, une mesure destinée à faire baisser les prix aux États-Unis et qui a suscité la colère des éleveurs américains. Reuters rapporte que cette ouverture vise précisément à augmenter rapidement l’offre de boeuf haché. Cette décision pourrait donc ajouter de la pression sur le marché auquel sont destinées de nombreuses vaches de réforme.

    Fermes verticales : un modèle encore à prouver

    GoodLeaf Farms affirme que ses installations de Saint-Hubert, Guelph et Calgary sont maintenant rentables. C’est notable dans un secteur où plusieurs projets d’agriculture intérieure ont eu de la difficulté à absorber les coûts de construction, d’énergie et d’exploitation. La revue du 17 août revenait sur les chiffres avancés par l’entreprise.

    Je garde tout de même un doute sur la viabilité à long terme de ce modèle. Les coûts énergétiques et les investissements requis restent importants, et la rentabilité annoncée vient de l’entreprise elle-même. Mais si le modèle réussit réellement à s’imposer dans la durée, il représentera un outil de plus pour renforcer notre autonomie alimentaire, notamment pour certaines productions fraîches disponibles à l’année.

    À retenir

    La semaine aura surtout rappelé qu’une annonce n’a pas la même valeur selon le point de vue d’où on la regarde. Pour les producteurs laitiers, l’échec des négociations a au moins clarifié la position du gouvernement sur la gestion de l’offre. Pour les éleveurs, la réduction de la capacité d’abattage et l’ouverture américaine à davantage de boeuf haché pourraient peser plus rapidement sur les vaches de réforme que sur les jeunes animaux. Et du côté des fermes verticales, le vrai test ne sera pas une annonce de rentabilité, mais la capacité de maintenir ce résultat dans le temps.

  • Actualité agricole du 22 août 2026 : tarifs, apiculture et légumineuses

    Actualité agricole du 22 août 2026 : tarifs, apiculture et légumineuses

    L’actualité agricole Québec 22 août 2026 est dominée par un changement devenu concret pendant la nuit : les nouveaux droits américains de 50 % sont maintenant en vigueur après l’échec des négociations entre Ottawa et Washington.

    Deux autres développements méritent l’attention. Au Québec, la création d’une chambre de coordination apicole franchit une étape réglementaire importante. Dans les marchés des grandes cultures, Agriculture et Agroalimentaire Canada réduit fortement sa prévision de stocks de lentilles, tout en relevant légèrement celle des pois.

    Actualité agricole Québec 22 août 2026 : les droits américains entrent en vigueur

    Mise à jour : depuis le sursis de trois jours annoncé cette semaine, le fait nouveau est décisif. Les pourparlers ont échoué et les États-Unis ont appliqué à compter de 0 h 01 des droits additionnels de 50 % à environ 20 milliards de dollars américains de produits canadiens. Le premier ministre Mark Carney a suspendu les négociations et annoncé une riposte canadienne dollar pour dollar.

    Pour l’agriculture, la liste comprend notamment des ingrédients laitiers, du miel, de la laine, des peaux bovines, des bulbes, des fleurs coupées, des semences potagères, du houblon, du ginseng ainsi que certains mélanges et pâtes de boulangerie. Même si la plupart des productions primaires ne sont pas directement visées, les filières fortement dépendantes du marché américain devront rapidement mesurer les contrats exposés, les stocks déjà en transit et les possibilités de redirection.

    Les versions canadienne et américaine divergent sur la responsabilité de l’échec. Ottawa affirme que les conditions américaines ont changé à la dernière minute. Washington soutient plutôt que le Canada a refusé de conclure selon les modalités déjà discutées. Aucun nouveau cycle de pourparlers n’est annoncé pour le moment.

    Consulter la liste des produits agricoles touchés et le bilan des négociations
    Lire la proclamation américaine qui a reporté l’entrée en vigueur au 22 août
    Voir le compte rendu d’Associated Press sur l’échec des pourparlers

    Pour comprendre le débat autour du lait sans attribuer trop vite la rupture à un seul secteur, lire aussi l’opinion publiée ce matin sur les producteurs laitiers et les négociations.

    Une chambre de coordination apicole reçoit le feu vert de la Régie

    La Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec a autorisé la création d’une chambre de coordination et de développement pour l’apiculture. Le projet n’est toutefois pas encore pleinement opérationnel. Les apiculteurs concernés devront approuver un règlement et un code de déontologie en assemblée, puis élire un conseil d’administration.

    Le financement proposé repose sur un prélèvement de 2 $ par ruche auprès des propriétaires de 200 ruches et plus, qu’ils soient membres ou non des Apiculteurs et apicultrices du Québec. Selon l’organisation, cette formule ferait passer son budget annuel de recherche d’environ 3 000 $ à 110 000 $.

    Les travaux envisagés concernent notamment la lutte contre le varroa et la sélection d’abeilles mieux adaptées au climat québécois. La décision arrive au moment où le miel canadien est directement visé par les nouveaux droits américains, ce qui renforce la nécessité de suivre à la fois la compétitivité de la production et l’accès aux marchés.

    Lire les détails sur la future chambre de coordination apicole

    Les stocks prévus de lentilles diminuent, ceux de pois augmentent

    Agriculture et Agroalimentaire Canada a ramené sa prévision de stocks de fin de campagne 2026-2027 pour les lentilles à 1,09 million de tonnes, comparativement à 1,54 million en juillet. Cette baisse de 29 % s’explique par une révision à la hausse des exportations de la campagne précédente, une production 2026-2027 réduite de 150 000 tonnes et une prévision d’exportation augmentée de 100 000 tonnes.

    Le changement améliore le bilan de l’offre, mais ne garantit pas une hausse rapide des prix. Des analystes considèrent encore les stocks prévus comme élevés, héritage de la récolte abondante de 2025-2026. La demande initiale semble solide, mais l’évolution de la récolte australienne et les coûts de transport demeurent des variables importantes.

    Pour les pois secs, la prévision de stocks monte plutôt à 860 000 tonnes, contre 810 000 en juillet. Le rendement de la récolte canadienne déterminera si cette offre pèse durablement sur les prix, malgré des débouchés ouverts en Chine et en Inde.

    Lire l’analyse des nouvelles prévisions pour les lentilles et les pois
    Consulter les rapports officiels sur les principales grandes cultures canadiennes

    À surveiller

    La priorité sera la publication des mesures de rétorsion canadiennes et de leurs dates d’application, ainsi que toute reprise formelle des pourparlers avec Washington. En apiculture, le vote sur les règles de la nouvelle chambre déterminera le moment où le prélèvement et les projets de recherche pourront commencer. Dans les marchés des légumineuses, les premiers rendements de récolte et la demande d’exportation permettront de vérifier si la réduction des stocks de lentilles se confirme.

  • Actualité agricole du 21 août 2026 : cultures, canola et fourrages

    Actualité agricole du 21 août 2026 : cultures, canola et fourrages

    L’actualité agricole Québec 21 août 2026 met aujourd’hui l’accent sur l’état encourageant des grandes cultures, un resserrement marqué des stocks canadiens de canola et un choix de machinerie qui peut modifier le séchage des fourrages.

    Trois sujets seulement ont été retenus. Les discussions commerciales entre le Canada et les États-Unis restent importantes, mais aucune décision officielle assez nouvelle n’était disponible au moment de cette revue pour justifier de répéter la couverture des derniers jours.

    Actualité agricole Québec 21 août 2026 : les cultures progressent bien

    La Tournée des grandes cultures du Québec a mobilisé une centaine de participants dans six régions le 20 août. Les observations de terrain donnent un portrait généralement favorable avant le dévoilement des estimations de rendement prévu le 27 août.

    Dans les champs suivis, la pollinisation du maïs est pratiquement terminée et le stade pâteux est bien engagé. La culture affiche un peu d’avance sur 2025, tout en demeurant légèrement derrière la moyenne des cinq dernières années. Pour le soya, le remplissage des gousses est en cours dans environ les trois quarts des champs observés, avec une légère avance sur la moyenne quinquennale.

    Le blé de printemps offre un portrait plus nuancé. Environ 78 % des superficies suivies avaient atteint la maturité et 49 % étaient récoltées, mais plusieurs répondants jugeaient les résultats moins bons qu’espéré. Ces observations constituent une indication de terrain, pas encore une estimation provinciale définitive.

    Ce nouveau portrait prolonge la mise à jour des cultures publiée le 14 août, avec un avancement désormais plus visible du maïs, du soya et des récoltes de blé.

    Consulter l’état des cultures du 21 août et les observations régionales

    Les stocks de canola sont fortement révisés à la baisse

    Agriculture et Agroalimentaire Canada a revu ses projections de stocks de fin de campagne. Pour le canola, les stocks de 2025-2026 sont maintenant estimés à 1,725 million de tonnes, comparativement à 2,707 millions dans la projection de juillet. Les exportations et l’utilisation intérieure ont été plus fortes que prévu.

    Pour 2026-2027, les stocks de fin de campagne sont projetés à 1,504 million de tonnes, soit environ 570 000 tonnes de moins que dans l’estimation précédente. Cette baisse survient même si la production prévue a été relevée de 21 à 21,6 millions de tonnes. L’utilisation intérieure devrait atteindre 13,951 millions de tonnes, tandis que les exportations sont maintenues à 8 millions.

    Le fait nouveau est donc matériel : la récolte attendue est plus abondante, mais le coussin disponible serait plus mince. Pour le marché, cette combinaison peut soutenir les prix, sans les soustraire aux effets de la récolte réelle, de la demande mondiale et du commerce international. Elle précise le contexte du marché du canola présenté le 16 août.

    Lire les nouvelles projections canadiennes pour le canola et les principales grandes cultures
    Consulter les rapports officiels sur les perspectives des grandes cultures

    Conditionner les fourrages demande davantage de puissance

    Le choix entre une faucheuse avec ou sans conditionneur ne se limite pas au temps de séchage. Selon une synthèse publiée avec la collaboration du Conseil québécois des plantes fourragères, les fabricants recommandent généralement de 50 à 100 chevaux supplémentaires pour conditionner sur une largeur de 10 mètres.

    Le conditionneur augmente aussi le poids de la machine. Il peut ajouter environ 200 kilogrammes à une faucheuse frontale de 3,5 mètres et près de 900 kilogrammes à la section arrière d’un ensemble triple. Une faucheuse sans conditionneur peut donc rendre une grande largeur de travail accessible à une ferme dont le tracteur est autrement trop petit.

    Le compromis dépend du chantier. Jusqu’à environ 60 % d’humidité, la baisse serait semblable avec ou sans conditionnement. Ensuite, le fourrage non conditionné sèche plus lentement, ce qui peut convenir à l’ensilage. Pour du foin sec, le conditionnement favorise la poursuite du séchage en ouvrant ou en écrasant les tiges. Certaines plantes, comme l’herbe de Soudan, peuvent toutefois perdre davantage de liquide et de composantes lorsqu’elles sont conditionnées.

    Voir les facteurs à comparer avant de choisir une faucheuse avec conditionneur

    À surveiller

    Les résultats chiffrés de la Tournée des grandes cultures, attendus le 27 août, permettront de confronter les observations encourageantes aux estimations de rendement. Sur les marchés, il faudra suivre la réaction du canola aux nouvelles projections de stocks et à l’avancement de la récolte.

    Enfin, toute décision officielle dans les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis pourrait changer rapidement le portrait agricole. Une annonce concrète, plutôt qu’une nouvelle déclaration, justifierait alors une mise à jour.

  • Actualité agricole du 20 août 2026 : négociations, bovins, porcs et machinerie

    Actualité agricole du 20 août 2026 : négociations, bovins, porcs et machinerie

    L’actualité agricole Québec 20 août 2026 apporte une nouvelle étape dans les négociations commerciales avec les États-Unis. Les négociateurs tentent de conclure une entente avant l’échéance de samedi, mais aucun texte final n’a encore été rendu public.

    Trois autres dossiers méritent l’attention : la réduction de la capacité d’abattage bovin en Amérique du Nord, la diplomatie agricole autour du commerce porcin avec l’Iowa et les premiers signes d’un possible plancher dans le marché de la machinerie.

    Actualité agricole Québec 20 août 2026 : les négociations se poursuivent

    Mise à jour : depuis le sursis annoncé le 19 août, le fait nouveau est la reprise des rencontres entre le ministre canadien Dominic LeBlanc et le représentant américain au Commerce Jamieson Greer. Les discussions doivent se poursuivre à Washington afin de finaliser une entente avant l’entrée en vigueur prévue samedi de nouveaux droits sur environ 20 milliards de dollars de marchandises canadiennes.

    Selon les informations obtenues par Reuters, le projet en discussion pourrait notamment réduire les droits américains sur l’acier, l’aluminium et les véhicules canadiens. Pour l’agriculture, les détails restent plus flous. Des responsables canadiens affirment que les intérêts du secteur laitier sont protégés, tandis que le président américain continue de présenter l’entente comme un gain pour les exportateurs agricoles des États-Unis.

    Il faut donc distinguer les indications politiques d’une décision officielle. Tant que les modalités sur les contingents tarifaires et la gestion de l’offre ne sont pas publiées, il est impossible de mesurer l’effet réel pour les producteurs laitiers.

    Lire le point de situation de Reuters sur les négociations du 20 août
    Consulter les informations d’Associated Press sur les conditions encore imprécises
    Revoir l’analyse sur les engagements évoqués dans le secteur laitier

    La capacité d’abattage bovin se resserre en Amérique du Nord

    La fermeture immédiate d’une usine Tyson en Illinois, la mise en vente de l’usine de Pasco dans l’État de Washington et l’arrêt de l’abattage dans une installation de Pennsylvanie réduisent les débouchés disponibles pour les bovins nord-américains. Cette évolution touche directement les producteurs ontariens, qui utilisaient notamment l’usine de Pennsylvanie, et elle peut aussi modifier les possibilités d’exportation dans l’Ouest canadien.

    Selon l’analyste en chef de Canfax, Brenna Grant, l’abattage hebdomadaire de bovins engraissés aux États-Unis est passé d’environ 510 000 têtes en 2022 à 440 000 en 2026. La réduction du cheptel avait laissé plusieurs usines sous-utilisées, mais les fermetures rapprochent maintenant la capacité de transformation du nombre d’animaux disponibles.

    Pour les parcs d’engraissement, le risque est un déplacement du pouvoir de négociation vers les transformateurs. Moins d’usines et moins de quarts de travail signifient que les acheteurs doivent se disputer un moins grand nombre d’animaux chaque semaine. Le résultat dépendra toutefois de la vente éventuelle de l’usine de Pasco, de l’utilisation des installations canadiennes et de la demande américaine pour les bovins canadiens.

    Lire l’analyse de Canfax sur la capacité d’abattage et les bovins canadiens

    Le porc canadien mise sur ses liens directs avec l’Iowa

    Une délégation canadienne comprenant le ministre fédéral de l’Agriculture Heath MacDonald et des représentants de Manitoba Pork a profité de la foire de l’État de l’Iowa pour rencontrer la gouverneure, le secrétaire à l’Agriculture de l’État et des dirigeants agricoles américains.

    L’enjeu est très concret. Le Manitoba expédie environ deux millions de jeunes porcs par année vers l’Iowa, où ils sont engraissés. À l’échelle plus large, les échanges agricoles, agroalimentaires et de produits de la mer entre le Canada et les États-Unis ont atteint 101,2 milliards de dollars en 2025, tandis que les échanges comparables entre le Canada et l’Iowa se sont élevés à 3 milliards.

    Ces rencontres ne constituent pas une entente commerciale. Elles montrent toutefois comment les filières intégrées peuvent défendre leurs intérêts auprès des États qui dépendent eux aussi des approvisionnements canadiens. Cette relation devient importante devant le risque de tarifs, de nouvelles règles d’étiquetage de l’origine ou de normes d’élevage différentes d’un État à l’autre.

    Consulter le bilan officiel de la visite du ministre MacDonald en Iowa
    Lire l’entretien avec Manitoba Pork sur le commerce transfrontalier

    John Deere entrevoit le creux du cycle de la machinerie

    Les résultats du troisième trimestre de Deere donnent un portrait contrasté. Le bénéfice net a atteint 1,379 milliard de dollars et l’entreprise a relevé ses prévisions annuelles, mais les ventes du segment Production et agriculture de précision ont diminué de 6 %, à environ 4 milliards.

    La direction estime néanmoins que 2026 pourrait marquer le point bas du cycle actuel de la machinerie agricole. Les stocks de gros tracteurs et de moissonneuses neuves auraient fortement reculé depuis leur sommet de 2024, tandis que le marché de l’équipement usagé se normalise graduellement.

    Ce signal ne signifie pas que les achats repartiront rapidement. Les ventes américaines de tracteurs demeurent en baisse et la rentabilité des producteurs de grandes cultures reste fragile. Pour les fermes, une stabilisation du marché pourrait éventuellement améliorer le choix d’équipements et les conditions de négociation, mais les taux d’intérêt, les prix des grains et les coûts des intrants détermineront la vitesse de la reprise.

    Ce dossier complète la réflexion récente sur les coûts d’équipement et les modèles de machinerie partagée.

    Consulter l’analyse des résultats de Deere et du marché de la machinerie
    Voir les documents financiers du troisième trimestre de Deere

    À surveiller

    La publication éventuelle d’une entente Canada–États-Unis demeure prioritaire avant l’échéance de samedi. Il faudra vérifier précisément toute modification aux contingents agricoles et aux droits applicables. Dans les marchés bovins, la vente de l’usine de Pasco et l’évolution des exportations canadiennes indiqueront si la réduction de capacité pèse réellement sur les prix aux producteurs. Enfin, les commandes de machinerie pour 2027 permettront de confirmer ou non le plancher entrevu par Deere.

  • Actualité agricole du 19 août 2026 : sursis tarifaire, gluten de blé et conservation

    Actualité agricole du 19 août 2026 : sursis tarifaire, gluten de blé et conservation

    L’actualité agricole Québec 19 août 2026 est dominée par un court sursis dans le différend commercial entre le Canada et les États-Unis. Deux autres dossiers méritent aussi l’attention : une étape importante dans l’enquête sur le gluten de blé importé et une acquisition de terres sans précédent pour la conservation au Manitoba.

    Mise à jour : le sursis tarifaire repousse l’échéance au 22 août

    Le fait nouveau est officiel : Washington a suspendu pendant trois jours l’entrée en vigueur des droits additionnels de 50 % qui devaient s’appliquer le 19 août à certains produits canadiens. La nouvelle échéance est fixée au 22 août 2026 à 0 h 01, heure de l’Est.

    La proclamation américaine indique que le Canada s’est engagé à retirer des mesures jugées discriminatoires dans les secteurs de l’alcool, des produits laitiers et de l’automobile. Elle mentionne notamment l’attribution des contingents tarifaires pour certains fromages américains. Cette formulation ne précise toutefois ni l’étendue exacte des concessions canadiennes ni leur mise en œuvre. Pour les producteurs laitiers, l’enjeu demeure donc moins le sursis de 72 heures que le contenu de l’entente qui pourrait suivre.

    Consulter la proclamation de la Maison-Blanche sur la suspension temporaire.

    Lire l’analyse complète sur les engagements évoqués dans le secteur laitier.

    Le dossier du gluten de blé franchit une étape au Tribunal canadien

    Le Tribunal canadien du commerce extérieur a conclu qu’il existe une indication raisonnable que le dumping présumé de gluten de blé provenant de l’Italie, de la Pologne et du Royaume-Uni a causé un dommage ou menace d’en causer un à la branche de production nationale. Il s’agit d’une décision préliminaire, et non d’une conclusion définitive sur l’existence du dumping.

    L’Agence des services frontaliers du Canada poursuit son enquête et doit rendre sa décision provisoire au plus tard le 17 septembre 2026. Le dossier concerne directement les transformateurs et les utilisateurs de cet ingrédient protéique. Son évolution pourrait modifier les conditions d’importation et, selon l’issue, la dynamique d’approvisionnement au Canada.

    Lire la décision préliminaire du Tribunal canadien du commerce extérieur.

    Une propriété de 8 167 acres devient une station de conservation au Manitoba

    Canards Illimités Canada a acquis East Meadows Ranch, une propriété de 8 167 acres située à Marshy Point, sur le lac Manitoba. L’organisation la renomme Kennedy Field Station at East Meadows. Selon les informations publiées, l’opération d’environ 9 millions de dollars constitue la plus importante acquisition de terres à des fins de conservation dans l’histoire du Manitoba.

    Le territoire regroupe des marais côtiers, des milieux humides et des prairies. Il conservera aussi une vocation de recherche sur la sauvagine. Pour le monde agricole, ce projet illustre la place croissante des montages publics et privés dans la protection de grands paysages ruraux, ainsi que les liens entre gestion de l’eau, biodiversité et occupation du territoire.

    Voir les détails de l’acquisition d’East Meadows Ranch.

    À surveiller

    Les prochaines heures seront surtout déterminantes dans le dossier tarifaire. Il faudra vérifier si Ottawa publie le détail de ses engagements avant le 22 août et si les contingents de fromages américains sont réellement modifiés. Dans le dossier du gluten de blé, la prochaine date clé demeure le 17 septembre, lorsque l’Agence des services frontaliers du Canada doit annoncer sa décision provisoire.