Catégorie : Revue de presse

  • Actualité agricole du 18 août 2026 : tarifs, maladies des cultures et sols

    Actualité agricole du 18 août 2026 : tarifs, maladies des cultures et sols

    L’actualité agricole Québec 18 août 2026 est dominée par une échéance commerciale qui touche directement le secteur laitier. Des droits américains de 50 % doivent entrer en vigueur le 19 août sur certains produits canadiens, pendant que les négociations se poursuivent. Dans l’Ouest, l’humidité alimente aussi les maladies fongiques et les dépenses de protection des cultures.

    Deux autres dossiers offrent une perspective plus structurelle : une étude ontarienne mesure les gains associés au semis direct et un programme du Cap-Breton montre comment le partage de machinerie peut réduire les coûts d’investissement.

    Actualité agricole Québec 18 août 2026 : le lait au cœur de l’échéance tarifaire

    Les États-Unis doivent appliquer, à compter de 0 h 01 le 19 août, des droits additionnels de 50 % sur certains produits canadiens. La proclamation américaine vise notamment des produits laitiers et précise que les droits s’ajouteront aux prélèvements déjà applicables, même lorsque les marchandises respectent les règles d’origine de l’ACEUM.

    Les négociations se poursuivaient encore le 17 août, mais les deux pays demeuraient éloignés d’une entente selon Reuters. Le lait est devenu l’un des principaux points de friction agricoles, avec l’accès au marché canadien et l’administration des contingents tarifaires.

    Mise à jour : le fait nouveau n’est pas une nouvelle critique générale de la gestion de l’offre. C’est l’arrivée de l’échéance du 19 août et la confirmation que les droits annoncés peuvent toucher des produits agricoles pourtant conformes à l’ACEUM. Pour replacer ces demandes américaines dans leur contexte, notre analyse sur les échanges laitiers réels entre le Canada et les États-Unis montre que le marché canadien est déjà un débouché important pour l’industrie américaine.

    Consulter la proclamation américaine sur les droits visant le Canada
    Lire le point de situation de Reuters sur les négociations

    Les maladies fongiques alourdissent la facture dans les Prairies

    Après plusieurs années marquées par la sécheresse, l’humidité abondante de 2026 a créé des conditions favorables aux maladies dans les grandes cultures de l’Ouest. Le blé dur et le blé de printemps sont exposés à la fusariose de l’épi, le canola à la sclérotiniose et à la jambe noire, tandis que les légumineuses font face à plusieurs champignons.

    Des producteurs ont consacré de 6 à 20 dollars l’acre aux fongicides, selon le reportage publié par AgCanada. Cette dépense arrive dans une campagne où les marges étaient déjà serrées. Le traitement peut protéger le rendement et la qualité, mais il ajoute une pression immédiate sur les liquidités et ne garantit pas une récolte sans perte.

    Le dossier rappelle qu’une amélioration des précipitations n’efface pas le risque climatique. Elle peut simplement le déplacer, de la sécheresse vers l’excès d’humidité, la verse et les maladies.

    Consulter le reportage sur la pression des maladies dans l’Ouest canadien

    Le semis direct améliore la stabilité structurale des sols

    Une étude menée pendant quatre ans dans la région élargie du Golden Horseshoe, en Ontario, a comparé des champs agricoles à des sites de référence peu perturbés. Pour la stabilité des agrégats, les trois quarts des champs en semis direct continu ont atteint au moins 75 % de l’objectif établi par les sites de référence. La proportion était de 50 % dans les champs travaillés en rotation et de 40 % dans ceux travaillés chaque année.

    Le résultat ne signifie pas qu’une seule pratique convient à tous les sols. Il donne toutefois un indicateur mesurable de l’effet du travail réduit sur la structure. Les chercheurs recommandent d’échantillonner au printemps, deux à six semaines après les semis, puis de répéter les tests tous les trois à cinq ans après l’adoption d’une nouvelle pratique.

    Pour les producteurs québécois, la leçon est surtout méthodologique : la santé des sols se suit dans le temps, avec des points de comparaison cohérents, plutôt que par une observation isolée.

    Lire les résultats de l’étude ontarienne sur la santé des sols
    Consulter le programme et les ressources de la Fondation de la ceinture de verdure

    Un parc de machinerie partagé dessert 90 fermes au Cap-Breton

    La Fédération agricole d’Inverness-Victoria recevra une contribution fédérale non remboursable de 150 000 dollars pour moderniser son parc d’équipement partagé. L’organisme, géré par des bénévoles, dessert 90 fermes de productions variées et exploite ce modèle depuis plus de 50 ans.

    Le financement servira à ajouter de la machinerie pour les fourrages, le bétail, la préparation du sol ainsi que la manutention et le transport du fumier. Un système numérique doit aussi simplifier les réservations entre les différents sites.

    L’annonce est régionale, mais le modèle répond à un problème très répandu : certaines machines coûtent cher, sont utilisées peu de jours par année et immobilisent du capital. Le partage ne convient pas aux travaux où chaque ferme doit intervenir exactement au même moment, mais il peut être pertinent pour des équipements spécialisés et moins sensibles aux fenêtres météo.

    Lire l’annonce fédérale sur le programme de machinerie partagée

    À surveiller

    L’échéance tarifaire du 19 août demeure le dossier prioritaire. Il faudra vérifier si une entente, un report ou une riposte canadienne modifie réellement les conditions annoncées. Dans les champs, les premières récoltes préciseront l’effet des maladies sur la qualité du blé, du canola et des légumineuses. Enfin, la valeur des modèles de semis direct et de machinerie partagée se mesurera surtout par leur capacité à réduire durablement les risques et les coûts à la ferme.

  • Actualité agricole du 17 août 2026 : fermes verticales, feux et laitue romaine

    Actualité agricole du 17 août 2026 : fermes verticales, feux et laitue romaine

    L’actualité agricole Québec 17 août 2026 met aujourd’hui l’accent sur la résilience des systèmes alimentaires. Une entreprise d’agriculture verticale annonce avoir atteint la rentabilité dans ses trois installations canadiennes, dont celle de Saint-Hubert. Dans l’Okanagan, les incendies frappent directement les élevages, les vergers et les vignobles. Enfin, les importateurs de laitue romaine doivent se préparer au retour de conditions temporaires visant le risque d’E. coli.

    Voici les trois développements nouveaux et vérifiés qui méritent l’attention des producteurs et des acteurs agroalimentaires.

    Actualité agricole Québec 17 août 2026 : GoodLeaf franchit le seuil de rentabilité

    GoodLeaf Farms affirme que ses fermes verticales de Saint-Hubert, de Guelph et de Calgary sont désormais toutes rentables. L’annonce est notable dans un secteur où plusieurs projets d’agriculture intérieure ont eu de la difficulté à absorber les coûts de construction, d’énergie et d’exploitation.

    L’entreprise produit des jeunes pousses, des micropousses et des mélanges de laitues dans des installations à environnement contrôlé. Selon les chiffres communiqués par GoodLeaf et rapportés par BetaKit, ses ventes sont passées de 6,4 millions de dollars en 2023 à 34 millions en 2025. Les revenus auraient progressé de 31 % supplémentaires depuis le début de 2026.

    Pour le Québec, le résultat de l’installation de Saint-Hubert offre un signal intéressant sur la viabilité commerciale d’une production locale à l’année. Il ne règle toutefois pas les questions de consommation électrique, de coût du capital ou de comparaison environnementale avec les serres et les cultures de plein champ. La rentabilité annoncée demeure par ailleurs une information de l’entreprise privée, sans publication de comptes détaillés permettant d’en vérifier les paramètres.

    Lire l’annonce de GoodLeaf Farms sur ses trois installations
    Consulter les données de croissance rapportées par BetaKit

    Les incendies bouleversent les fermes de l’Okanagan

    Les feux de forêt dans la vallée de l’Okanagan ont dépassé le stade d’une menace indirecte. La ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation de la Colombie-Britannique a indiqué que 269 propriétés agricoles étaient touchées par l’activité des incendies, dont 146 sous ordre d’évacuation et 123 sous alerte. Environ 50 000 animaux se trouvaient dans les zones concernées au moment de ce bilan.

    Les conséquences varient selon les productions. Des éleveurs et des équipes spécialisées déplacent des troupeaux hors des secteurs menacés. Dans les vergers, les évacuations interrompent la cueillette pendant une période critique. Dans les vignobles, la fumée peut rendre des raisins impropres à la vinification et réduire les volumes commercialisables pendant plusieurs années, puisque les vins issus d’une récolte sont souvent vendus plus tard.

    Reuters rapporte notamment le cas d’un vignoble qui prévoit perdre sa récolte de pinot noir et plus de 5 000 caisses de ventes futures. Un verger voisin risquait aussi de laisser se gâter une partie importante de ses pêches. Ces exemples ne constituent pas encore un bilan provincial complet, mais ils montrent comment un même sinistre combine pertes de production, coûts d’évacuation, manque de main-d’œuvre et fermeture des activités agrotouristiques.

    La crise prolonge les difficultés hydriques observées dans l’Ouest canadien. Le portrait de la sécheresse publié dans la revue du 16 août aide à comprendre pourquoi les exploitations de la Colombie-Britannique demeurent particulièrement exposées.

    Voir le bilan des propriétés agricoles et des animaux touchés
    Lire le reportage sur les pertes dans les vignobles, vergers et ranchs

    La laitue romaine importée sera soumise à des conditions temporaires

    L’Agence canadienne d’inspection des aliments appliquera du 24 septembre au 17 décembre 2026 des conditions temporaires aux titulaires de licence qui importent de la laitue romaine des États-Unis. La mesure vise à réduire le risque de contamination par E. coli O157:H7 pendant la période associée aux récoltes de certaines régions américaines.

    Les importateurs pourront démontrer leur conformité de deux façons. Ils pourront participer à un programme reconnu de salubrité alimentaire pour l’industrie, ou fournir les résultats d’analyses réalisées par un laboratoire accrédité. Une autre voie demeure possible lorsque la laitue et les produits contenant de la romaine ne proviennent pas de la vallée de Salinas, en Californie.

    L’ACIA précise que les exigences documentaires ont été modifiées pour 2026. Les entreprises qui importent, distribuent ou transforment de la romaine américaine ont donc intérêt à vérifier dès maintenant leurs attestations, leurs certificats d’analyse et la traçabilité de l’origine. Les producteurs québécois ne sont pas directement visés par la licence d’importation, mais la mesure peut influencer l’approvisionnement automnal, les pratiques des acheteurs et la concurrence sur le marché frais.

    Ce dossier s’inscrit dans un effort plus large de prévention et de surveillance. La revue du 10 août présentait aussi les nouveaux investissements fédéraux en science réglementaire et en sécurité alimentaire.

    Consulter l’avis officiel destiné aux importateurs
    Vérifier les exigences temporaires et les options de conformité

    À surveiller

    GoodLeaf devra démontrer que la rentabilité annoncée peut se maintenir malgré les coûts énergétiques et la croissance du réseau de distribution. Dans l’Okanagan, les prochains bilans préciseront l’ampleur des pertes agricoles et les besoins d’aide à la reprise. Les importateurs de laitue romaine disposent pour leur part d’un peu plus d’un mois pour adapter leurs documents et leurs contrôles avant le 24 septembre.

    Deux échéances déjà signalées restent également importantes cette semaine : la publication du prochain rapport agroclimatique canadien le 18 août et l’échéance commerciale américaine du 19 août concernant certains produits laitiers canadiens. Seule une décision officielle ou un développement matériel justifiera une nouvelle mise à jour.

  • Actualité agricole du 16 août 2026 : grains, canola, sécheresse et Expo-Champs

    Actualité agricole du 16 août 2026 : grains, canola, sécheresse et Expo-Champs

    L’actualité agricole Québec 16 août 2026 est dominée par les marchés des grains et les conditions de production. Le rapport américain d’août resserre les perspectives pour le maïs et le blé, le canola profite d’un nouvel appui venu du marché des huiles végétales et la sécheresse s’étend dans plusieurs régions canadiennes.

    Au Québec, la semaine sera aussi marquée par l’ouverture d’Expo-Champs à Saint-Hyacinthe. Voici les quatre dossiers à retenir en ce dimanche.

    Actualité agricole Québec 16 août 2026 : le WASDE raffermit les grains

    Le rapport WASDE publié le 12 août par le département américain de l’Agriculture a réduit son estimation de rendement du maïs américain à 180,7 boisseaux à l’acre. La production atteindrait néanmoins 16,013 milliards de boisseaux grâce à une superficie récoltée plus grande, ce qui en ferait la deuxième récolte en importance jamais enregistrée aux États-Unis.

    La demande prévue augmente toutefois plus vite que l’offre. Les stocks de fin de campagne ont été abaissés à 1,7 milliard de boisseaux et le prix moyen prévu à la ferme a été relevé à 4,50 $ US le boisseau. Pour le blé, la production américaine est estimée à 1,531 milliard de boisseaux, son plus faible niveau depuis 1970, tandis que le prix moyen prévu monte à 6,20 $ US.

    Le portrait est plus abondant pour le soya. La production prévue augmente à environ 4,5 milliards de boisseaux et les stocks de fin de campagne sont relevés à 320 millions. Pour les producteurs québécois, ces chiffres donnent un signal plus ferme au maïs et au blé, mais plus mitigé au soya. Ils complètent le portrait récent des cultures québécoises, dont les rendements restent encore dépendants de la fin de saison.

    Consulter le rapport WASDE d’août 2026 du USDA
    Lire le résumé des nouvelles prévisions pour le maïs, le soya et le blé

    Le canola gagne un nouvel appui du marché des huiles végétales

    Les contrats à terme de canola de novembre ont franchi 805 $ la tonne au début du mois et testaient la zone de 820 $ le 14 août. Cette fermeté ne repose pas uniquement sur la récolte canadienne. Elle est aussi soutenue par la hausse de l’huile de palme, qui influence l’ensemble du marché mondial des huiles végétales.

    L’Indonésie est passée en juillet à une obligation d’incorporation de 50 % de biodiesel, contre 40 % auparavant. Sa consommation industrielle d’huile de palme devrait ainsi augmenter de 16 % pour atteindre 17,4 millions de tonnes en 2026-2027, ce qui réduirait les volumes disponibles à l’exportation. Les perspectives de production sont également affaiblies par El Niño en Indonésie et en Malaisie.

    Pour le canola canadien, cette combinaison soutient les prix à l’approche des récoltes. Le marché demeure toutefois sensible au prix du pétrole, à la météo asiatique et à la taille réelle de la récolte des Prairies.

    Lire l’analyse du soutien apporté au canola par l’huile de palme

    La sécheresse gagne du terrain au Canada, mais les zones agricoles résistent mieux

    Le dernier Moniteur canadien de la sécheresse montre que 60 % du territoire national était anormalement sec ou en situation de sécheresse à la fin de juillet. La proportion touchée parmi les terres agricoles était toutefois beaucoup plus faible, à 23 %.

    La Colombie-Britannique demeure la région la plus préoccupante. Dans l’intérieur de la province, la faiblesse des précipitations, la baisse des cours d’eau et les restrictions d’utilisation de l’eau commencent à limiter l’irrigation et les rendements fourragers. Dans les Prairies, la plupart des zones agricoles ont reçu une humidité suffisante, malgré une dégradation dans certains secteurs du nord et du sud.

    En Ontario et au Québec, 31 % du paysage agricole de la région centrale était classé anormalement sec ou en sécheresse. L’ouest du Québec a vu apparaître de nouvelles zones de sécheresse modérée, tandis que les déficits les plus sévères demeurent surtout au nord du territoire. Le prochain rapport agroclimatique national, attendu le 18 août, permettra de vérifier si les pluies récentes ont modifié ce portrait.

    Consulter l’évaluation officielle de la sécheresse au Canada

    Expo-Champs ouvre mardi à Saint-Hyacinthe

    La 27e édition d’Expo-Champs se tiendra du 18 au 20 août à Espace Saint-Hyacinthe, simultanément au Suprême laitier. Près de 250 exposants sont annoncés, avec des démonstrations de machinerie, des technologies de gestion des cultures et plusieurs présentations techniques.

    Parmi les activités ciblées figurent une présentation sur un drone agricole, un nouvel amendement de basalte et des rencontres portant sur la structuration et le financement de projets agricoles. L’événement permettra aussi de voir sur place plusieurs équipements de précision, dans la continuité des innovations de machinerie présentées dans la revue agricole du 15 août.

    L’événement est ouvert de 8 h 30 à 17 h pendant les trois jours. Un billet pour les personnes de 13 ans et plus coûte 26 $ et demeure valide pour les trois journées. Les étudiants entrent gratuitement le mardi sur présentation d’une preuve, et les agricultrices le mercredi.

    Consulter le site officiel d’Expo-Champs 2026
    Voir la programmation détaillée d’Expo-Champs
    Vérifier les horaires, tarifs et renseignements pratiques

    À surveiller

    Les marchés réagiront cette semaine aux nouvelles prévisions de récolte et aux conditions météo de la seconde moitié d’août. Le prochain rapport agroclimatique canadien est attendu le 18 août, tandis qu’Agriculture et Agroalimentaire Canada doit actualiser ses perspectives des grandes cultures le 20 août.

    L’échéance commerciale américaine du 19 août concernant certains produits laitiers canadiens demeure également prioritaire. Une décision ou une entente officielle justifierait une mise à jour immédiate, contrairement aux simples commentaires entourant les négociations.

  • Bulletin agricole de la semaine : lait, abattage de proximité et transformation

    Bulletin agricole de la semaine : lait, abattage de proximité et transformation

    La semaine agricole du 9 au 15 août 2026 a été dominée par un même fil conducteur : la pression qui s’exerce sur la filière laitière canadienne, à la fois sur le plan commercial et dans la transformation. D’autres dossiers ont aussi retenu l’attention, notamment l’abattage de proximité, les investissements industriels et la mise en marché du porc.

    Le lait canadien sous une pression qui dépasse la négociation commerciale

    Le dossier le plus structurant de la semaine est celui du secteur laitier canadien et de la gestion de l’offre. Les pressions américaines sur l’accès au marché canadien se poursuivent alors que les négociations commerciales approchent d’échéances importantes. La revue agricole du 14 août revenait notamment sur les tarifs visant le lait canadien et sur les demandes de protection formulées par les organisations du secteur.

    Cette pression commerciale se combine à un autre mouvement : la consolidation de la transformation laitière. Dans l’analyse Lactalis au Canada : bonne ou mauvaise nouvelle pour l’industrie laitière?, l’expansion du géant français est replacée dans le contexte des transactions récentes impliquant Saputo et Agropur.

    Ce n’est pas une preuve que le marché canadien est sur le point d’être bouleversé, mais l’évolution du rapport de force entre grands transformateurs mérite d’être suivie aussi attentivement que les discussions commerciales elles-mêmes.

    Un nouveau cadre pour l’abattage de proximité

    La revue agricole du 15 août a retenu une évolution réglementaire québécoise concernant l’abattage de proximité. Le sujet est moins spectaculaire que le commerce laitier, mais il peut avoir des conséquences concrètes pour les petites fermes qui cherchent à diversifier leurs activités ou à développer la vente locale de viande.

    200 millions de dollars dans la transformation laitière

    La revue du 12 août signalait un investissement de 200 millions de dollars dans la transformation laitière. À l’échelle de la filière, ces investissements comptent : la compétitivité des producteurs dépend aussi de la capacité de transformation disponible en aval de la ferme.

    Le porc québécois face à une décision structurante

    Le débat sur la mise en marché collective du porc figurait parmi les principaux dossiers de la revue agricole du 10 août. Contrairement à beaucoup de nouvelles agricoles quotidiennes, cette question touche directement l’organisation économique d’une filière entière.

    À surveiller cette semaine

    Le point chaud demeure l’évolution des relations commerciales entre le Canada et les États-Unis autour du lait. Le site a consacré plusieurs publications récentes à la gestion de l’offre, dont l’analyse Gestion de l’offre : le rempart agricole canadien est-il en train de céder?.

    Le signal réellement important au cours des prochains jours ne sera pas une nouvelle déclaration politique de plus, mais tout changement concret concernant l’accès au marché canadien, les tarifs ou les concessions touchant les produits sous gestion de l’offre.

  • Actualité agricole du 15 août 2026 : abattage de proximité, robots de traite et machinerie

    Actualité agricole du 15 août 2026 : abattage de proximité, robots de traite et machinerie

    L’actualité agricole au Québec est plus légère en ce samedi 15 août, mais trois dossiers méritent l’attention. Des règles importantes sur l’abattage de proximité et les robots de traite entreront bientôt en vigueur, une nouvelle génération d’épandeurs pneumatiques pousse la précision encore plus loin et le Symposium sur les bovins laitiers prépare son 50e anniversaire.

    Abattage de proximité et robots de traite : les règles changent le 29 août

    Le Québec mettra en vigueur à la fin du mois plusieurs modifications au Règlement sur les aliments. Pour les producteurs, les changements les plus concrets touchent l’abattage de proximité et les installations de traite robotisée.

    Du côté de la viande, le règlement crée notamment deux catégories de permis d’abattoir de proximité, dont une catégorie « poulets à la ferme ». Les producteurs pourront vendre au détail, sur le lieu d’élevage ou dans un marché public, des viandes provenant de leurs animaux abattus dans un abattoir de proximité, sous réserve des permis et obligations applicables. La vente en gros demeure interdite pour ces produits. Lors d’une vente à distance, l’acheteur devra aussi être informé que la viande provient d’animaux abattus et transformés sans inspection permanente.

    Pour les fermes laitières, la réglementation remplace l’ancienne exigence d’un local fermé pour le système de traite robotisé par une « aire du système de traite robotisé » distincte des autres aires de l’étable. Le texte officiel conserve des exigences d’hygiène, dont la présence d’un évier et du matériel nécessaire au lavage et au séchage des mains, mais apporte davantage de flexibilité dans l’aménagement.

    Consulter le règlement publié dans la Gazette officielle du Québec
    Lire le résumé des changements pour les fermes

    Un épandeur pneumatique de 48 mètres mise sur la précision

    Horsch poursuit le déploiement du Leeb Xeric FS, un épandeur pneumatique d’engrais sec conçu pour les grandes superficies. La machine est offerte avec des largeurs de travail allant jusqu’à 48 mètres et utilise une rampe plutôt que des disques centrifuges traditionnels.

    L’intérêt principal est la régularité de l’application. Le système transporte l’engrais pneumatiquement jusqu’aux points de distribution et permet un contrôle par sections, ce qui réduit les chevauchements et les zones sous-fertilisées. Horsch met aussi de l’avant une meilleure stabilité de la distribution lorsque le vent ou la qualité physique de l’engrais compliquent le travail des épandeurs classiques.

    Ce type d’équipement vise surtout les grandes entreprises, puisque la largeur de la rampe et le coût de la technologie limitent son intérêt pour les plus petites superficies. Il illustre néanmoins une tendance lourde : appliquer les intrants avec davantage de précision afin de réduire les pertes et d’améliorer l’efficacité de chaque passage.

    Voir la présentation du Leeb Xeric FS au programme d’innovations Ag in Motion 2026
    Consulter les caractéristiques techniques publiées par Horsch

    Le Symposium sur les bovins laitiers célébrera ses 50 ans

    Le Symposium sur les bovins laitiers tiendra sa 50e édition le 20 octobre à Trois-Rivières. Plus de 450 producteurs, conseillers et professionnels sont attendus pour cette édition anniversaire consacrée à la performance, à la durabilité et au transfert de connaissances dans le secteur laitier québécois.

    Les inscriptions doivent ouvrir le 17 août. Le CRAAQ prévoit également un souper-conférence le 19 octobre et une rediffusion des présentations dans les jours suivant l’événement. Pour les producteurs qui suivent les innovations en gestion, nutrition, santé ou technologies laitières, cette édition devrait offrir un bon portrait des priorités actuelles du secteur.

    Consulter la programmation et les informations d’inscription du Symposium

    À surveiller

    La semaine prochaine sera beaucoup plus chargée. L’échéance commerciale américaine du 19 août sur certains produits laitiers canadiens demeure le dossier prioritaire à suivre. Agriculture et Agroalimentaire Canada doit aussi publier le 20 août une nouvelle mise à jour de ses perspectives sur les principales grandes cultures. Enfin, les nouvelles règles québécoises sur l’abattage de proximité et les robots de traite entreront en vigueur le 29 août.

  • Actualité agricole du 14 août 2026 : lait, cultures et sécurité

    Actualité agricole du 14 août 2026 : lait, cultures et sécurité

    L’actualité agricole au Québec du 14 août suit cinq dossiers qui ont des conséquences concrètes pour les fermes québécoises et canadiennes. Les négociations commerciales sur le lait approchent d’une échéance critique, les rendements des grandes cultures se précisent et de nouveaux éléments touchent la main-d’œuvre, les vergers et la sécurité dans les silos.

    Le lait canadien sous pression à cinq jours de l’échéance américaine

    Les États-Unis prévoient appliquer, à compter du 19 août à 0 h 01, un droit additionnel de 50 % sur certains produits laitiers canadiens. La proclamation américaine vise les produits énumérés dans son annexe et lie explicitement cette mesure au fonctionnement canadien des contingents tarifaires sur les fromages.

    Les négociations se poursuivent à Washington. Des représentants des producteurs et des transformateurs laitiers canadiens demandent au gouvernement fédéral de ne pas consentir de nouvelles concessions. Leur inquiétude porte autant sur les exportations directement visées que sur la possibilité que la gestion de l’offre devienne une monnaie d’échange dans une négociation commerciale plus large.

    Le point important pour les fermes est que l’échéance est maintenant très proche, mais que l’issue demeure ouverte. Une entente pourrait modifier ou suspendre les droits avant leur entrée en vigueur. À défaut d’accord, les entreprises exportatrices concernées devront composer avec une hausse tarifaire majeure dès mercredi prochain.

    Consulter la proclamation américaine sur les droits visant les produits laitiers canadiens
    Lire le point de vue des organisations laitières canadiennes
    Suivre l’état des négociations commerciales selon Reuters

    Mise à jour des cultures : le potentiel se confirme, mais le soya exige de la vigilance

    Depuis le portrait des cultures présenté dans notre revue du 10 août, la pollinisation du maïs est pratiquement terminée et les épis montrent un bon potentiel. La maturité demeure toutefois inégale dans certains champs, ce qui augmente l’importance d’un mois de septembre sans gel hâtif.

    Le changement le plus concret concerne le soya. Des premiers foyers de pourriture blanche sont observés dans plusieurs régions, favorisés par des peuplements denses et des conditions humides. Certains producteurs ont aussi dû intervenir contre les pucerons après un dépassement du seuil d’intervention.

    Le remplissage des gousses a progressé de près de 20 % en une semaine et conserve une légère avance sur la moyenne. Du côté du blé d’automne, 87 % des superficies suivies étaient récoltées. Une période plus sèche devrait aider à terminer les travaux.

    Consulter l’état des cultures du 14 août au Québec

    L’emploi agricole canadien recule fortement

    Le nombre de personnes employées en agriculture au Canada est passé d’environ 277 700 en juin 2020 à 225 400 en juin 2026, une baisse de près de 19 % en six ans. Statistique Canada signale aussi un recul mensuel de 7 600 emplois agricoles en juin.

    Cette diminution ne signifie pas nécessairement que les besoins de main-d’œuvre se sont contractés. Le Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture l’associe notamment au vieillissement, aux départs à la retraite, au faible nombre de jeunes qui entrent dans le secteur et à la concurrence des autres industries.

    Pour les entreprises, le signal dépasse la statistique nationale. Une offre de travail plus rare accélère les investissements en automatisation, augmente la pression sur les gestionnaires et rend encore plus stratégique la rétention des employés qualifiés.

    Lire l’analyse de la baisse de l’emploi agricole au Canada
    Consulter l’Enquête sur la population active de juin 2026

    Une maladie réglementée est confirmée dans les vergers québécois

    La pourriture brune asiatique, causée par le champignon Monilinia polystroma, a été confirmée au Québec. Le premier échantillon nord-américain connu avait été prélevé en Montérégie en 2022, puis trois autres foyers ont été trouvés dans la région.

    Les spécialistes interrogés jugent son impact agronomique faible dans les pommiers et ne prévoient ni sanction ni restriction sur la production ou la vente de fruits au Canada. L’Agence canadienne d’inspection des aliments prévoit néanmoins une campagne de détection avec les pomiculteurs, l’IRDA et le MAPAQ afin de mieux établir sa distribution.

    L’enjeu le plus tangible est commercial. Le Mexique exige maintenant une surveillance avant récolte et un traitement fongicide autorisé avant l’entreposage frigorifique pour les pommes québécoises destinées à son marché. Le statut réglementaire canadien de l’organisme est également en révision.

    Lire le dossier sur la pourriture brune asiatique au Québec
    Consulter la fiche officielle de l’ACIA sur la maladie

    Mise à jour sur la sécurité des silos : un rapport de coroner précise les mesures manquantes

    Un rapport de coroner rendu public le 11 août conclut que la mort du producteur bovin Hugues Morissette, enseveli dans un silo à grains à Granby le 8 avril, était accidentelle. Ce nouveau rapport précise qu’un harnais, une surveillance adéquate et des moyens de communication efficaces auraient pu prévenir le drame ou améliorer la capacité d’intervention.

    La CNESST rappelle qu’il est interdit d’entrer dans un silo lorsque le grain est en mouvement ou que sa mise en mouvement n’a pas été empêchée. Lorsqu’une entrée est indispensable, il faut notamment appliquer une procédure d’espace clos, cadenasser les équipements, porter un harnais relié à une corde d’assurance et maintenir une surveillance continue.

    Cette conclusion arrive pendant la Semaine SécuriGrain et donne un caractère très concret aux rappels de prévention. Le déblocage du grain devrait être effectué de l’extérieur chaque fois que cela est possible.

    Lire les conclusions du rapport de coroner sur l’accident de Granby
    Consulter les mesures de prévention de la CNESST pour les silos à grains

    À surveiller

    L’actualité agricole au Québec restera dominée par l’échéance commerciale du 19 août, qui sera déterminante pour les produits laitiers canadiens visés. Dans les champs, la progression de la pourriture blanche et des pucerons dans le soya mérite une observation rapprochée, tandis que les pomiculteurs exportateurs devront suivre les exigences liées à la pourriture brune asiatique. Enfin, le rapport de coroner rappelle que les procédures d’entrée dans un silo doivent être revues avant la période intensive des récoltes.

  • Actualité agricole du 12 août 2026 : vergers, lait et relève

    Actualité agricole du 12 août 2026 : vergers, lait et relève

    La revue agricole du 12 août met l’accent sur quatre dossiers nouveaux : une tempête qui frappe des vergers de la Montérégie, un investissement majeur dans la transformation laitière, une consultation nationale sur le bien-être des moutons et un transfert d’expertise dans la production de haricots frais.

    Une tempête endommage une vingtaine de vergers en Montérégie

    Une violente cellule de vent, de pluie et de grêle a frappé Franklin et Rockburn dans la soirée du 10 août. Une vingtaine de pomiculteurs ont signalé des dommages, allant de fruits perforés à des arbres déracinés.

    Chez le producteur Mario Bourdeau, environ 16 hectares ont été touchés, soit 60 % de ses superficies. Une partie importante des pommes pourrait devoir être dirigée vers la transformation plutôt que vers le marché frais, avec une valeur beaucoup plus faible. Dans les secteurs les plus atteints, des pertes totales pour la saison sont envisagées.

    La tempête arrive au pire moment, alors que la récolte de Paulared, première variété d’automne, était sur le point de commencer. L’évaluation complète des pertes prendra encore quelques jours.

    Lire le reportage sur les dommages dans les vergers de Franklin

    Gay Lea investit 200 millions dans la transformation laitière

    Gay Lea Foods prévoit investir 200 millions de dollars pour agrandir considérablement son usine de Clayson Road, à Toronto. Le projet répond à la forte progression de la demande pour le fromage cottage et les produits laitiers riches en protéines.

    L’agrandissement doit être achevé en 2028 et pourrait créer jusqu’à 75 emplois. Il ajoutera de nouvelles technologies de transformation et augmentera la capacité de production de la coopérative, qui appartient à des producteurs laitiers canadiens.

    Pour le secteur laitier, l’investissement est un signal important. La croissance ne vient pas seulement du volume de lait consommé, mais aussi de la capacité des transformateurs à suivre rapidement de nouvelles habitudes alimentaires. La recherche d’aliments abordables et riches en protéines ouvre ici un marché concret pour les solides du lait canadien.

    Consulter les détails de l’investissement de Gay Lea Foods

    Le projet de Code de pratiques pour les moutons est en consultation

    Le Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage a ouvert la consultation publique sur la nouvelle version du Code de pratiques pour le soin et la manipulation des moutons.

    Les producteurs, vétérinaires, consommateurs et autres personnes intéressées peuvent transmettre leurs commentaires en ligne jusqu’au 9 octobre 2026. Le comité responsable examinera ensuite les observations reçues avant la publication du Code final en 2027.

    Ces codes établissent les exigences et les pratiques recommandées qui servent de référence nationale en matière de bien-être animal. Le projet a été préparé par un comité de 14 personnes et appuyé par un rapport scientifique évalué par les pairs.

    Consulter le projet de Code et participer à la consultation sur les moutons

    La relève des haricots frais passe aussi par le mentorat

    Stéphane Gosselin, important producteur de haricots frais de l’île d’Orléans, a vendu ses parts de l’entreprise qu’il avait cofondée en 1994. Il accompagne maintenant les nouveaux copropriétaires, les Fermes J.C. Prémont, pendant leur première saison dans cette production spécialisée.

    Le principal défi n’est pas seulement de faire pousser les haricots. Il faut prévoir le volume récoltable environ trois semaines à l’avance afin de l’arrimer aux promotions des grandes chaînes. Cette compétence exige des visites fréquentes des champs et une lecture fine de la météo et du développement des plants.

    Ce transfert illustre un enjeu souvent sous-estimé de la relève agricole : les actifs peuvent être vendus, mais une partie essentielle de la valeur de l’entreprise repose sur un savoir tacite qui s’apprend difficilement dans un manuel.

    Lire le portrait du transfert d’expertise en production de haricots

    À surveiller

    L’ampleur finale des pertes dans les vergers de Franklin sera à préciser, tout comme les effets sur la qualité et les volumes de pommes destinés au marché frais. Dans le lait, l’investissement de Gay Lea confirme que la demande pour les protéines influence désormais directement les choix industriels. Les producteurs ovins ont pour leur part jusqu’au 9 octobre pour commenter des règles qui orienteront leurs pratiques pendant plusieurs années.

  • Revue agricole du 11 août 2026 : des projets ralentis, la rage progresse et une relève s’installe

    Revue agricole du 11 août 2026 : des projets ralentis, la rage progresse et une relève s’installe

    La revue agricole du 11 août revient sur quatre dossiers qui touchent directement le travail et l’avenir des fermes québécoises : des investissements ralentis, un risque sanitaire qui progresse, un nouvel outil de prévention psychologique et une relève qui redonne un avenir à la dernière ferme laitière d’un village.

    La grève des ingénieurs ralentit des projets agricoles

    La grève générale illimitée des ingénieurs de l’État, commencée le 6 juillet, commence à se faire sentir dans plusieurs dossiers agricoles. Des projets nécessitant l’expertise du MAPAQ ou du ministère de l’Environnement sont retardés, notamment des constructions d’enclos d’hivernage liées au programme Prime-Vert.

    Des conseillers rapportent que certains dossiers ne peuvent pas être finalisés sans validation technique. Le MAPAQ soutient pour sa part que les effets demeurent limités et que des agronomes peuvent contribuer à certaines analyses. Les certificats d’autorisation et certains volets du nouveau cadre agroenvironnemental figurent toutefois parmi les services ralentis.

    Lire le reportage de La Terre de chez nous sur les projets agricoles ralentis

    Rage : producteurs et vétérinaires réclament un vaccin préventif plus accessible

    La progression de la rage du raton laveur en Estrie et en Montérégie soulève des inquiétudes chez les vétérinaires et les producteurs agricoles. En date du 5 août, 126 cas avaient été détectés en 2026 dans ces régions.

    Des associations vétérinaires demandent à Québec de rendre gratuite la vaccination préventive pour les professionnels exposés. Des représentants agricoles souhaitent aussi une réduction du coût pour les producteurs à risque et leur famille. La vaccination post-exposition demeure offerte lorsqu’un contact significatif survient, mais les intervenants demandent que la prévention ne dépende pas de la capacité de payer.

    Consulter le dossier sur la vaccination préventive contre la rage

    Okérico ajoute un outil de prévention en santé mentale agricole

    L’organisme Okérico a lancé une application gratuite conçue pour les réalités du monde agricole. Son outil d’autoévaluation permet de suivre l’évolution de son humeur et peut proposer de communiquer avec une travailleuse de rang ou un proche lorsque la situation se dégrade pendant plusieurs jours.

    L’application regroupe également des ressources adaptées à la région de l’utilisateur et des outils portant notamment sur le deuil, les habitudes de vie et les difficultés financières. Une version anglaise et espagnole est prévue afin de rejoindre aussi les travailleurs étrangers.

    Découvrir l’application de santé mentale agricole Okérico

    La dernière ferme laitière de Sainte-Catherine-de-Hatley trouve sa relève

    À Sainte-Catherine-de-Hatley, une municipalité qui comptait autrefois une soixantaine de fermes laitières, la dernière exploitation bovine du village prépare maintenant son transfert à une quatrième génération.

    Mary-Jade et William Couture reprendront progressivement l’entreprise familiale après leurs études. Leur arrivée a déjà favorisé des changements dans les installations, l’alimentation, la reproduction et le logement des jeunes animaux. Ce portrait rappelle que la relève n’est pas seulement une transaction : elle peut aussi devenir le déclencheur d’une modernisation et d’un nouveau partage des responsabilités.

    Lire le portrait de la relève de la ferme Couture

    À surveiller

    Le règlement de la grève des ingénieurs sera particulièrement important pour les fermes qui doivent réaliser des travaux avant l’hiver. Dans le sud du Québec, l’évolution des cas de rage et la réponse du gouvernement à la demande de vaccination préventive devront aussi être suivies. Enfin, le lancement d’Okérico donnera une première indication de la place que peuvent prendre des outils numériques réellement adaptés à la santé psychologique des producteurs.

  • Actualité agricole du 10 août 2026 : porc, santé animale et état des cultures

    Actualité agricole du 10 août 2026 : porc, santé animale et état des cultures

    L’actualité agricole au Québec est marquée par un débat déterminant sur la mise en marché collective du porc, tandis qu’Ottawa investit dans ses capacités de recherche en santé animale. Les cultures progressent généralement bien, mais la météo des prochaines semaines demeure à surveiller.

    Un référendum déterminant pour la filière porcine québécoise

    Le différend opposant duBreton aux Éleveurs de porcs du Québec revient à l’avant-plan. Le référendum à venir doit permettre aux producteurs de se prononcer sur une éventuelle exclusion du porc biologique et certifié bien-être animal du Plan conjoint des producteurs de porcs du Québec.

    Le modèle actuel regroupe les producteurs afin de renforcer leur pouvoir de négociation et d’assurer une mise en marché collective. Les Éleveurs de porcs craignent que l’exclusion de certaines productions crée un précédent susceptible de fragmenter progressivement le système.

    DuBreton soutient plutôt que les producteurs de porcs biologiques et certifiés répondent à des normes particulières et desservent des marchés spécialisés. Selon l’entreprise, ils ne devraient donc pas être soumis exactement aux mêmes contributions et règles que la production conventionnelle.

    Le processus avait été ordonné par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec. Dans un jugement rendu le 18 mars, la Cour supérieure a rejeté la contestation des Éleveurs de porcs, jugeant notamment leur intervention prématurée à cette étape du dossier.

    L’enjeu dépasse maintenant la seule production porcine. Le résultat pourrait influencer la manière dont d’autres productions spécialisées sont intégrées aux systèmes québécois de mise en marché collective.

    Comprendre les deux positions avant le référendum porcin
    Consulter le contexte judiciaire du référendum

    Ottawa investit 768,6 millions dans de nouveaux laboratoires

    Le gouvernement fédéral a attribué à PCL Construction Canada un contrat de 768,6 millions de dollars pour la construction du campus principal de science réglementaire et sciences pour la sécurité, à Ottawa.

    Le projet comprendra six installations sur le site actuel du laboratoire de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Il réunira notamment des chercheurs de l’ACIA, de Santé Canada, de l’Agence de la santé publique du Canada et de l’Agence des services frontaliers.

    Pour le secteur agricole, ces installations doivent améliorer la détection des risques émergents, la recherche réglementaire, la protection de l’approvisionnement alimentaire et la réponse aux urgences sanitaires. Elles pourront aussi soutenir les échanges commerciaux lorsque l’accès aux marchés dépend de la capacité canadienne à détecter rapidement une maladie ou à démontrer son absence.

    Les travaux préparatoires ont commencé en 2024. La fin de la construction est prévue en 2031. Le projet s’inscrit dans l’initiative Laboratoires Canada, dotée d’une enveloppe totale de 3,8 milliards de dollars.

    Lire l’annonce concernant le nouveau campus scientifique fédéral

    Les cultures québécoises progressent généralement bien

    Le dernier état des cultures offre un portrait encourageant. Le maïs et le soya progressent globalement au rythme de la moyenne des cinq dernières années et affichent une avance sur la saison difficile de 2025.

    La pollinisation serait terminée sur environ 95 % des superficies de maïs suivies, une hausse de 21 points en une semaine. Dans le soya, la floraison tire à sa fin et le remplissage des gousses est bien amorcé. Le blé d’automne est également récolté plus tôt que l’an dernier, tandis que le blé de printemps a rapidement gagné en maturité.

    Les pluies récentes ont soulagé le stress hydrique dans plusieurs secteurs. Les prochaines semaines demeurent toutefois critiques pour le remplissage des grains et la maturation.

    Les prévisions pour août appellent aussi à la prudence : la première moitié du mois devrait rester chaude et propice aux orages, avant un régime possiblement plus frais et plus sec durant la seconde moitié. Cette transition pourrait influencer autant les rendements que les fenêtres de récolte.

    Consulter l’état détaillé des cultures au Québec
    Voir les prévisions agricoles pour le reste du mois d’août

    La Semaine SécuriGrain commence aujourd’hui

    La Semaine SécuriGrain se déroule du 10 au 16 août afin de rappeler les dangers liés au grain en mouvement et aux interventions dans les silos.

    L’Association canadienne de sécurité agricole mène ce programme depuis 2017 en réponse aux décès causés par l’ensevelissement dans le grain. L’initiative comprend de la formation destinée aux producteurs et aux pompiers, des démonstrations de sauvetage et des outils permettant aux fermes d’élaborer leur propre plan d’urgence.

    Le début des récoltes est un bon moment pour réviser les procédures : verrouillage des équipements, interdiction d’entrer seul dans un silo, surveillance extérieure et préparation des services d’urgence locaux. Un sauvetage improvisé peut rapidement ajouter une seconde victime.

    Consulter les formations et ressources du programme SécuriGrain

    À surveiller

    Le déroulement et les modalités précises du référendum porcin seront à suivre, puisque son résultat pourrait établir un précédent pour les productions agricoles spécialisées.

    Sur les marchés, le rapport WASDE attendu le 12 août donnera un portrait révisé des récoltes américaines de maïs et de soya. Au Québec, l’évolution de la météo durant la seconde moitié du mois sera tout aussi importante pour confirmer le potentiel actuellement observé dans les champs.

  • Actualité agricole du 9 août 2026 : santé psychologique et rage en Montérégie

    Actualité agricole du 9 août 2026 : santé psychologique et rage en Montérégie

    L’actualité agricole est plus calme ce dimanche, mais deux dossiers québécois méritent l’attention : le lancement d’un outil numérique consacré à la santé psychologique des agriculteurs et la progression de la rage du raton laveur dans plusieurs régions agricoles, notamment en Montérégie.

    Okérico lance une application gratuite pour les agriculteurs

    L’organisme sans but lucratif Okérico vient de lancer une application mobile gratuite conçue expressément pour le milieu agricole.

    Son principal outil, appelé Ok-o-mètre, permet à l’utilisateur d’évaluer quotidiennement son humeur et d’en observer l’évolution au fil des semaines et des saisons. L’objectif est de rendre visibles des changements qui peuvent être difficiles à percevoir lorsqu’ils s’installent progressivement.

    Lorsque plusieurs mauvaises journées se succèdent, l’application peut proposer de communiquer avec une travailleuse de rang ou avec une personne proche préalablement désignée par l’utilisateur. Elle contient également un répertoire de ressources régionales et différents contenus portant notamment sur le deuil, les difficultés financières, les séparations et les habitudes de vie.

    La localisation fournie lors de l’inscription sert à présenter les ressources disponibles dans la région de l’utilisateur et à l’orienter vers la travailleuse de rang compétente pour son territoire.

    L’application est actuellement offerte en français sur les appareils Apple et Android. Des versions anglaise et espagnole sont prévues, notamment afin de rendre l’outil accessible aux travailleurs étrangers.

    Cet outil ne remplace évidemment pas une aide professionnelle. Son intérêt se trouve plutôt dans la prévention : constater qu’une période difficile s’installe et faciliter le premier contact avec une ressource adaptée au monde agricole.

    Découvrir le fonctionnement de l’application Okérico

    La rage du raton laveur progresse dans le sud du Québec

    Le gouvernement du Québec comptabilise 126 cas confirmés de rage du raton laveur depuis le 1er janvier 2026. Les cas se concentrent principalement en Estrie et en Montérégie.

    La liste gouvernementale comprend notamment plusieurs détections dans le secteur de Saint-Hyacinthe en juin. Un chat infecté a aussi été découvert à Godmanchester, en Montérégie, le 23 juillet.

    La présence de la maladie chez un animal domestique est particulièrement préoccupante pour les fermes. Les chats vivant autour des bâtiments peuvent entrer en contact avec des ratons laveurs, des mouffettes ou d’autres animaux sauvages, puis s’approcher des humains et des animaux d’élevage.

    Des associations vétérinaires demandent maintenant à Québec de rendre la vaccination préventive humaine gratuite, ou au moins plus abordable, pour les vétérinaires, les techniciens en santé animale et les producteurs particulièrement exposés.

    Le coût de la vaccination préventive peut atteindre environ 600 $ par personne. Les traitements administrés après une exposition potentielle sont couverts, mais les demandeurs soutiennent que le coût de la vaccination préalable limite son accessibilité aux personnes travaillant quotidiennement avec les animaux.

    Lire les demandes formulées par les vétérinaires et les producteurs agricoles

    Plus de 800 000 appâts vaccinaux seront distribués

    Une nouvelle opération gouvernementale de vaccination de la faune est en cours depuis le 3 août et se poursuivra jusqu’au 13 septembre 2026.

    Près de 815 000 appâts vaccinaux doivent être distribués manuellement dans 111 municipalités de l’Estrie, de la Montérégie et du Centre-du-Québec, ainsi que dans certains parcs montréalais. Le territoire couvert représente environ 5 500 km².

    Les équipes déposent les appâts autour des zones boisées, des cours d’eau, des champs, des installations agricoles et des bâtiments abandonnés. Ils ressemblent à de petits sachets vert kaki et contiennent un vaccin destiné aux ratons laveurs, aux mouffettes et aux renards.

    Le vaccin est considéré comme sécuritaire pour les humains, les animaux domestiques et l’environnement. Le gouvernement recommande néanmoins de laisser les appâts sur place et d’éviter de les toucher, puisque la manipulation humaine peut les rendre moins attirants pour les animaux ciblés.

    Si un appât se retrouve dans une récolte, dans un endroit passant ou à proximité immédiate d’animaux d’élevage, Québec recommande de porter des gants, de le placer dans un contenant étanche et de le jeter aux ordures.

    Consulter les secteurs visés et les consignes concernant les appâts vaccinaux

    À surveiller

    La réponse du gouvernement à la demande de vaccination préventive gratuite demeure à suivre. Pour les entreprises agricoles de la Montérégie et de l’Estrie, le dossier est déjà concret : la rage circule dans la faune locale et a atteint au moins un animal domestique.

    Le déploiement d’Okérico mérite également d’être observé. Son utilité dépendra moins du nombre de téléchargements que de sa capacité à amener les producteurs en difficulté vers une ressource humaine avant que la situation ne devienne critique.